lundi 20 janvier 2020

Clément, le manifestant violemment frappé à la tête par un CRS samedi 18 janvier, sera jugé pour violences, rébellion et participation à un groupement en vue de commettre des violences et des dégradations

Tout arrive en Macronie !
Le policier filmé en train de frapper un manifestant à Paris [la vidéo est ici], près de la gare de l’Est, samedi 18 janvier lors de l’acte 62 des Gilets jaunes, a porté plainte contre ce dernier pour "violences volontaires".
Un policier du syndicat d’extrême droite Alliance, Sébastien Gaudon, allant même jusqu'à prétendre que son collègue lui aurait frappé le visage pour l‘empêcher de lui cracher son sang à la figure”.
Florilège du mensonge policier :
Suite à la décision du procureur de la République de Paris de le faire juger en comparution immédiate, les avocats de Clément, 20 ans, ont demandé sa libération dans ce communiqué de presseIl sera finalement jugé à une date qui reste à déterminer, pour “violences sur personnes dépositaires de l’autorité publique”, “rébellion” et participation à un groupement formé en vue de commettre des violences et des dégradations.
Le parquet n’a pas encore statué sur sa possible remise en liberté.

dimanche 19 janvier 2020

« Gilets jaunes: police en roue libre, révolte sans limite. » une vidéo de QG sur la manifestion du 18 janvier 2020

Adrien AdcaZz était hier pour QG TV à la grande manifestation parisienne du 18 janvier, de la porte de Champerret à la gare de Lyon. Un parcours encore émaillé de nombreuses violences insupportables commises par les forces de l'ordre.
18 janvier, Acte 62, vers 14h, gare de l’Est. La vidéo : Source Pat Ricia

samedi 18 janvier 2020

Taha Bouhafs, qui avait filmé les agissements de Benalla, en garde à vue après l’exfiltration du couple Macron des Bouffes du Nord, déféré devant un juge d’instruction

Taha Bouhafs, journaliste à Là-bas si j’y suis, est à l’origine de la vidéo montrant les violences d’Alexandre Benalla lors de la manifestation du 1er mai 2018, place de la Contrescarpe. Le fumeur de chicha qui a fait tomber Benalla, selon l’expression de Street-Press, est l’une des (très nombreuses) bêtes noires du pouvoir macronien.
Vendredi 17 janvier 2020, il était présent dans la salle où se jouait la pièce La Moucheau théâtre des Bouffes du Nord, auquel assistaient Emmanuel Macron et son épouse, qui furent exfiltrés par la police, à la suite de manifestations bruyantes de militants rassemblés devant le théâtre.

Pour avoir publié ce tweet, qui n’était pas le premier à informer de la présence du couple Macron dans la salle, comme l’a rappelé Libération, il a été arrêté et mis en garde à vue pour « participation à un groupement en vue de commettre des violences ».
Libéré après 24 heures de garde à vue, Taha Bouhafs a déclaré : “J’ai l’impression qu’on veut rétablir le crime de lèse-majesté.”
Dans la foulée, le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire pour « participation à un groupement formé en vue de commettre des violences ou des dégradations » et «organisation d'une manifestation non déclarée ».


Si vous informez, vous risquez la prison

« Par cette demande, l'objectif du parquet est de garder le portable de Taha Bouhafs et le bénéfice du secret de l'instruction, pour masquer le vide du dossier, a déclaré son avocat, Me Arié Alimi. C’est un message adressé par l’exécutif et le parquet à tous les journalistes. Si vous informez, vous risquez la prison. » Le juge d'instruction n’a pas suivi le parquet, qui demandait sa mise en examen.
Taha Bouhafs a fait part de son intention de déposer une plainte pour « faux et usage de faux »,  le GSPR (Groupe de sécurité de la présidence de la République) ayant menti dans son communiqué de presse en prétendant que Taha Bouhafs avait appelé à manifester. La plainte sera modifiée ce lundi pour « dénonciation calomnieuse ».

Lire à ce propos le billet de Daniel Mermet, Macron l’exfiltré.

Procès pour outrage et rébellion le 22 février

RAPPEL AUTRE AFFAIRE. Le 22 février 2020 aura lieu devant le TGI de Créteil le procès de Taha Bouhafs, jugé pour outrage et rébellion, après avoir été violemment interpellé lors d’un rassemblement de soutien à des travailleurs sans-papiers de Chronopost à Alfortville (Val-de-Marne)* le 11 juin 2019, au cours duquel son téléphone avait été confisqué. Cette interpellation lui avait valu 10 jours d’ITT.
* À noter que ces travailleurs sans-papiers viennent d’obtenir gain de cause et ont obtenu leur régularisation.

jeudi 16 janvier 2020

Camille Halut, poursuivie pour “dissimulation de visage“ et “violences” relaxée par le tribunal de Montpellier

Le 12 décembre 2019 se tenait à Montpellier le procès de Camille Halut, observatrice de la Ligue des droits de l’Homme, poursuivie pour rébellion et dissimulation de visage lors d’une manifestation à Montpellier [lire ici].
Le verdict est tombé ce jeudi 16 janvier 2020 : pour la deuxième fois, comme le rappelle Le PoingCamille est relaxée de tous les chefs d’inculpation.
Arrêtée pour « dissimulation de visage » alors qu’elle portait son matériel de protection autour du cou, le parquet avait lui-même fait tomber ce chef d’inculpation dès le procès. Mais alors, son refus de se plier aux prélèvements biométriques coulait de source, puisque la garde à vue reposait sur une fausse accusation. Quant à la rébellion et aux violences qui lui étaient reprochées, la justice n’a pu que reconnaître que les déclarations des policiers et notamment de Patrice Buil, commissaire divisionnaire de Montpellier qui chapeaute souvent le maintien de l’ordre en manifestations, étaient remplies de contradictions (pour ne pas dire des mensonges).

mardi 14 janvier 2020

Jules Panetier, journaliste au Poing, condamné à 2 mois de prison pour outrage pour avoir crié « Tout le monde déteste la police »

Jugé à la cour d’appel de Montpellier pour des faits d’outrage, Jules Panetier, journaliste au Poing, a vu sa peine de deux mois d’emprisonnement ferme confirmée par la cour d’appel de Montpellier sur la base d’arguments plus que douteux.
personne dépositaire de l’autorité publique en manifestation remontant à 2016, 
Compte-rendu d’audience sur cette énième utilisation politique du délit d’outrage dans un régime d’exception + article à lire, judicieusement titré : La justice va-t-elle interdire le slogan « Tout le monde déteste la police » ?
Dans cet entretien au Média, Jules Panetier, l’un des fondateurs du journal Le Poing, explique comment il a appris qu’il était “fiché S”.

samedi 11 janvier 2020

L’épouse de Cédric Chouviat dénonce les mensonges des policiers

Dans un entretien recueilli par L’Obs, Dora Chouviat, l’épouse de Cédric Chouviat, dénonce les mensonges des policiers responsables de l’interpellation (pour plaque d’immatriculation sale) et du meurtre de son mari, décédé des suites d’une fracture du larynx consécutif à un plaquage ventral.
On rappellera que lesdits policiers inventèrent, pour justifier leurs actes criminels, le très classique délit d’outrage, dont la dépénalisation serait, plus que jamais, salutaire, dans une France où la police dispose de tous les droits, y compris celui d’assassiner en toute impunité des citoyens !

Pour lire tous les articles publiés sur le site du CODEDO sur cette affaire, cliquer sur les liens.

Les propos répugnants de Thibault de Montbrial, l'avocat (rétribué par la République) des assassins de Cédric Chouviat

Cédric Chouviat, 42 ans, livreur à scooter, tué par trois flics : quand la police invente un délit d’outrage pour justifier la mort d’un homme

"J’ai baissé ma capuche, ça pissait le sang de partout." Marie, étudiante en journalisme à Lille, matraquée par des CRS lors de la manifestation du 9 janvier

Dans l’interminable litanie des violences policières érigées en principe régalien par le régime d’exception policier Macron-Castaner-Belloubet, voici ce qui est arrivé à Marie, étudiante en journalisme à l'ESJ de Lille, lors de la manifestation du jeudi 9 janvier. Elle a été frappée à trois reprises alors qu'elle prenait des photographies du cortège.

vendredi 10 janvier 2020

Adama Traoré (juillet 2016), Cédric Chouviat (janvier 2019) : quand le plaquage ventral tue

À la suite du décès, le 19 juillet 2016 à Beaumont-sur-Oise (Val d’Oise), d’Adama Traoré, tué par des gendarmes qui utilisèrent le plaquage ventral, l’ACAT (Action chrétienne contre la torture et la peine de mort) revenait sur l'utilisation de gestes d'immobilisation dangereux par les forces de l'ordre en France.
La mort de Cédric Chouviat, décédé à Paris le 5 janvier 2020 des suites d'une fracture du larynx provoquée par cette même technique, interdite dans de très nombreux pays d’Europe mais autorisée en France, est l’occasion de republier cet article publié par l’ACAT.

jeudi 9 janvier 2020

Les propos répugnants de Thibault de Montbrial, l'avocat (rétribué par la République) des assassins de Cédric Chouviat

Thibault de Montbrial est l’avocat des policiers responsables de la mort de Cédric Chouviat, dont l’autopsie a révélé qu’elle était due à une fracture du larynx consécutive un plaquage ventral, technique d’immobilisation policière provoquant l’étouffement, interdite dans de très nombreux pays, lors de son arrestation le 3 janvier.
Pour l’avocat des assassins de Cédric, “cette tragédie ne serait pas arrivée si Cédric Chouviat avait rangé son téléphone”. Ces propos indécents furent tenus lors d’une conférence de presse le 8 janvier.
Franck-Laurent Liénard
Avec cette nouvelle bavure policière – détestable formule qu’il serait grand temps de chasser définitivement du vocabulaire pour la remplacer par “meurtre légal par personne dépositaire de l’ordre public” –, il est intéressant de se pencher sur le “CV” de Thibault de Montbrial, ancien parachutiste, qui donna, dans les écoles de police, des cours sur la légitime défense, dont il prône une extension du domaine.
Avec Franck-Laurent Liénard, que nous évoquions ici, Thibault de Montbrial fait partie de ces avocats-mercenaires payés par la préfecture, et donc sur les impôts de la République, pour défendre les policiers coupables de violences et les exonérer de leurs crimes et turpitudes, y compris – et surtout, serait-on tenté de dire – lorsque leurs clients se livrent à des exactions réprouvées par le Code de déontologie de la police, comme ce fut le cas lors de l’arrestation de Cédric Chouviat.

mardi 7 janvier 2020

On a assassiné mon fils, Cédric Chouviat. Je vais en guerre contre Macron et son État.

Déclaration de Christian Chouviat, le père de Cédric Chouviat, tué par trois policiers le 3 janvier 2020 après un contrôle routier, lors de la conférence de presse au siège de la Ligue des droits de l’Homme le 7 janvier 2020, en présence de ses avocats, Me Arié Alimi et William Bourdon.
Pour lire le dossier sur cette nouvelle affaire de violences policières (en l’occurrence un homicide dont il est permis de penser qu’il est volontaire tant est patent l’acharnement des policiers) dans une France où les innombrables violences policières d’État sont l’un des derniers soutiens du régime Macron, cliquer sur le lien ci-dessous.

Cédric Chouviat, 42 ans, livreur, tué par trois flics : quand la police invente un délit d’outrage pour justifier la mort d’un homme

Les images de l’arrestation de Cédric Chouviat filmées par plusieurs personnes. L'autopsie révèle qu'il serait mort d'une fracture du larynx. Une enquête pour « homicide involontaire » a été ouverte. Les avocats de la famille de Cédric Couvait demandent à ce qu‘elle soit requalifiée en « violences volontaires ayant entraîné la mort ».

Cédric Chouviat, 42 ans, livreur à scooter, tué par trois flics : quand la police invente un délit d’outrage pour justifier la mort d’un homme

Selon une tradition dont l’efficacité n’est plus à prouver, les flics violents invoquent le délit d’outrage pour justifier leurs saloperies. Dans cette affaire, ils insultent la mémoire de leur victime en l’accusant post-mortem d’avoir commis un outrage.
3 janvier 2020. C’était un vendredi matin comme tant d’autres pour Cédric Chouviat. Domicilié à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), ce livreur de 42 ans avait quitté vers 8h30 le siège de l'entreprise paternelle, rue Saint-Ferdinand dans le XVIIe arrondissement de Paris. Au guidon de son scooter Piaggio Vespa noir, il devait visiter une cinquantaine d'entreprises situées dans la capitale et dans la petite couronne afin de livrer des plis de chèques-déjeuners. Soit un parcours d'environ 200 km, son lot quotidien depuis quelques années. À cause d’une rencontre avec des flics violents, ce père de cinq enfants, interpellé pour outrage et menotté, n’arrivera jamais à bon port. Il est mort d’un arrêt cardiaque à l’hôpital.
La suite de l’histoire et l’enquête auprès de la famille de ce père de 5 enfants sont racontées dans Le Parisien.
Selon la police, dont on connaît la propension au mensonge dans ce genre de situation, « L'individu résiste à son menottage, nous contraignant à aller au sol pour le maîtriser. Il s’est mis à nous insulter en repartant, et nous avons dû l’interpeller pour outrage. Il a résisté lors de l’interpellation et est mort d’un arrêt cardiaque. »
La version de son avocat Me Arié Alimidont on lira ici le portraitest tout autre et corroborée par une vidéo fournie par un passant qui se trouvait sur les lieux, sur laquelle on distingue clairement les trois policiers plaquant Cédric Couvait au sol et se maintenant sur lui, malgré des signes d’épuisement. D’autres vidéos, depuis, ont été divulguées, prouvant que la police, et le parquet, qui a répercuté la version policière, ont menti.
D’après un témoin, le livreur « n'était pas violent. Il filmait seulement les policiers. Il semblait le faire pour défendre ses droits et ça les agaçait. Puis l'un d'entre eux est passé par derrière et lui a fait une clef avec son bras autour de son cou, il est alors tombé au sol. Et là, ils se sont mis à trois sur lui alors qu'il était sur le ventre. C’était violent et incompréhensible. » La suite de l’histoire et l’enquête auprès de la famille de ce père de 5 enfants sont racontées dans Le Parisien.
Selon son épouse Douria, son mari avait déjà fait l'objet, il y a cinq ans, d'une interpellation pour outrage à Paris dans des conditions similaires, au guidon d'un scooter. « Il avait subi un étranglement et m'avait raconté avoir vu la mort en face à ce moment-là », confie-t-elle.


« On a assassiné mon fils, je vais en guerre contre Macron et son État. »


C’est ce qu’a déclaré le père de Cédric, lors d’une conférence de presse au siège de la Ligue des droits de l’Homme. La totalité de son intervention poignante ci-dessous.

On retiendra que Cédric Chouviat, verbalisé pour un banal délit du code de la route, est mort après avoir été immobilisé par des policiers violents qui ne supportaient pas qu’il les filme, et qui ont ensuite invoqué le délit d'outrage pour justifier leurs exactions. Selon l’autopsie, la mort serait due à une fracture du larynx.
Une enquête pour « homicide involontaire » a été ouverte, suite à la saisie de l’IGPN. Les avocats de la famille de Cédric Chouviat demandent à ce qu‘elle soit requalifiée en « violences volontaires ayant entraîné la mort ».

samedi 28 décembre 2019

“Macron Ier et les soudards de la raie-publique”, conte de Noël

Pour fêter l’entrée prochaine dans la douzième année du site du CODEDO, et à défaut de fêter l’abrogation du délit d’outrage, notre webmestre a concocté un conte de Noël névralgique et énervé, inspiré par la géniale caricature du dessinateur roumain Bogdan Petry, qui ne pourra pas tomber sous le coup de la loi, le délit d’offense au chef de l’État ayant été supprimé en 2013.

Tout petit, Emmanuel Macron, enfant surdoué de la bonne bourgeoisie d'Amiens, parents médecins, rêvait de Thiers, Néron, Napoléon, Lino Ventura, qui lui serviront de modèle pour ses figurines en pâte à modeler. Sa mère, qui préfère le parquet au lino, détruit  les miniatures du catcheur. Le jeune homme en éprouvera une aversion totale pour le sport et le 7e art et se réfugiera dans le théâtre. C’est ainsi qu’il tombera amoureux de celle qui l'initiera aux émois de la chair, de vingt-cinq ans son aînée, membre de l’illustre famille Trogneux, cinq générations de savoir-faire. Macron, macaron, il suffit d’ajouter un ”a” : celui de l’amour, bien sûr ! (…)

Cédric O, le secrétaire d’État au Numérique obsédé par la reconnaissance faciale


Avant d’être secrétaire d’État au Numérique, Cédric O, ex-Strauss-Kahn boy, ex-directeur de campagne-adjoint de François Hollande, était chargé de mission chez Safran, le puissant groupe technologique français né en 2005 de la fusion de Snecma et de Sagem. C’est aussi lui qui organisa la rencontre entre Macron et Marc Zuckerberg, patron de Facebook. L’homme, rappelle le Parisien, qui dresse ici son CV, rabroua également Benalla. C’est dire si c’est un foudre de guerre !
Dans une interview au Parisien, O déclare que le gouvernement envisage une expérimentation de la reconnaissance faciale dans les lieux publics, qui devrait durer de six mois à un an, “sous la supervision de la société civile et de chercheurs.” Et non pas par le ministère de l’Intérieur, comme seraient tentés de le croire les Gilets jaunes et les grévistes séditieux qui prennent le pays en otage. Le règlement général sur la protection des données (RGPD) interdisant “l'utilisation de la reconnaissance faciale sans le consentement des personnes qui y sont soumises”, seuls les individus qui auront donné leur accord seront donc identifiés durant ce laps de temps. Pour l'heure, il est encore difficile d’obtenir davantage de détails sur ce test. “En France, Thales (via Gemalto) et Idemia travaillent sur ces technologies mais le nom d'aucun industriel n'a filtré.” 
Cédric O dévoile également un projet du gouvernement le plus liberticide depuis la guerre d’Algérie : ALICEM (pour Authentification en ligne certifiée sur mobile), présentée sur le site du ministère de l’Intérieur comme la première solution d’identité régalienne sécurisée. Dans un pays où les usages régaliens admettent que la police peut crever les yeux des manifestants sans être inquiétée, la formule laisse songeur.
Infographie Le Parisien
Utilisant un vocabulaire quelque peu guerrier et une pléthore d’adverbes, et tout en prévenant ne pas être certain qu’elle soit un jour déployée, Cédric O abonde aussitôt dans le sens inverse : “Le jour où nous déploierons largement une solution d’identité numérique, nous proposerons nécessairement une alternative à la reconnaissance faciale pour s’enrôler [sic]. Il y aura probablement une manière physique’ de s’inscrire, en se déplaçant au guichet – dans votre mairie, par exemple.”
Dans une lettre commune, 80 associations, dont l’Observation des libertés et du numérique, craignant que ce nouvel avatar de la macronie ne bride quelques libertés essentielles, lancent un appel demandant l’interdiction de la reconnaissance faciale sécuritaire, que l’on peut lire sur le site de la Ligue des droits de l’Homme.

vendredi 27 décembre 2019

A quand un autre maintien de l'ordre dans les manifestations en France ?

La question est posée par Amnesty International.

Oriana, 30 ans, tabassée par les flics à Créteil, jugée pour outrage en octobre 2020

Les habitué/e/s de ce site savent à quel point le scénario est devenu banal dans une France où le flic de base est au-dessus des lois : tout policier coupable de violences envers un citoyen, quelles que soient les circonstances, porte plainte pour outrage contre sa victime. C’est devenu l’un des principes de base de ce qu’il faut bien appeler l’adéontologie policière.
C’est l’une des 10 raisons pour lesquelles le CODEDO demandait en 2008 la dépénalisation de ce délit inique, dont l’utilisation est devenue exponentielle avec la sauvage répression du mouvement des Gilets jaunes, où nombre de manifestants ont été poursuivis, pour des motifs aberrants, dans le but, purement politique, de terroriser la population en guerre contre le macronisme, et condamnés par des magistrats qui ne rendent plus la justice au nom du Peuple mais contre le Peuple !

Très souvent, les violences sont encore plus terribles lorsque la victime des policiers est une femme. Comme en témoigne ce qui est arrivé à Oriana, une jeune femme de 30 ans, interpellée le 16 décembre 2019 à Créteil, lors d’un contrôle routier et tabassée par les hommes en bleu.

Interpellée le 16 décembre lors d’un contrôle routier consécutif à un accident de la circulation,  Oriana, 30 ans, habitante de Boissy-Saint-Léger (Val-de-Marne), a été très violemment tabassée par des policiers ! Après une soirée bien arrosée, elle prend sa voiture avec une amie. Les jeunes femmes percutent une camionnette dont les occupants appellent la police. Contrôle d’alcoolémie. Oriana ne parvient pas à souffler dans le ballon. L’un des policiers lui met une “balayette” et la plaque au sol, face contre terre. Les flics la menottent et lui donnent des coups de pied au visage et dans le dos. De nouveau frappée dans le véhicule de police, elle est finalement envoyée aux urgences où elle passe un scanner. Bilan : deux points de suture derrière la tête, un bout de dent cassé, des bleus partout sur le corps et au visage, comme le montrent des photos qui se passent de commentaires, qui lui valent 7 jours d’ITT.
À la suite de quoi, trois policiers portent plainte pour outrage à agent et violences sur personne dépositaire de l'autorité publique. Placée en garde à vue, Oriana comparaît en comparution immédiate le lendemain, 17 décembre. Suite à l'intervention de son avocat, l'audience est renvoyée au 5 octobre 2020 devant le TGI de Créteil. À la sortie du tribunal, elle souhaite porter plainte au commissariat de Créteil et de Boissy-saint-Léger, où elle réside. Contrairement au code de procédure pénale, les agents refusent de prendre sa plainte. Elle dépose donc une plainte auprès de l’IGPN, où elle a été entendue vendredi dernier.
Les flics, bien évidemment, livrent une autre version des faits, que l’on peut lire sur FranceBleu, allant jusqu’à dire qu’elle s’est blessée en se cognant à sa voiture !

David Perrotin a recueilli le témoignage d’Oriana pour Loopsider.

VIOLENCES FAITES AUX FEMMES PAR LES POLICIERS : UNE FÂCHEUSE TRADITION FRANÇAISE ?

Cette terrible histoire de violation des droits humains par des policiers qui se laissent de plus en plus aller à commettre toutes sortes de forfaitures, sachant qu’ils seront couverts par leur hiérarchie, et par une IGPN totalement dépendante de la place Beauvau – plus encore depuis qu’elle est dirigée par Brigitte Julien, qui récusait en juin 2019 l’idée même de violences policières – en rappelle bien d’autres !
En voici deux, parmi bien d’autres :


1. L’histoire de Siham, tabassée le 24 janvier 2009 par des policiers pour avoir tiré la langue et craché par terre au passage d’un fourgon de police et poursuivie pour outrage. Un des flics lui avait frappé la tête contre le mur en lui disant : “On n’en a rien à foutre de tes bijoux de merde ! ” Au cours de l'audience (30 octobre 2009), au cours de laquelle furent requis 300 € d’amende, on entendit un procureur s’exclamer : “Ce n'est pas très élégant de cracher par terre, mademoiselle. Surtout pour une femme !”

Deux amies rentrant du restaurant en voiture, le 25 août 2007 à 2h30 du matin, avaient été interpellées et violemment tabassées par des policiers. Le procès qui devait avoir lieu a été maintes et maintes fois reporté. On ne sait quand [et si] il aura lieu, étant donné l’invraisemblance des faits reprochés à Agathe, poursuivie pour outrage et défendue par Me Antoine Comte.

samedi 7 décembre 2019

Toulouse. La justice considère le fauteuil roulant d’Odile Maurin, militante handicapée, comme une ”arme par destination” et la condamne à deux mois de prison avec sursis

Chaque procès pour outrage est en soi un scandale. L’utilisation de ce délit inique pour réprimer le mouvement des Gilets jaunes et cautionner la répression brutale par une police qui n’a plus de limites dans la violence, la connerie et la barbarie, multiplie le scandale au centuple.
Les sommets de l’ignominie sont atteints avec celui qui vient de se tenir à Toulouse contre Odile Maurin, militante handicapée dont une justice qui ne juge plus au nom du peuple mais contre le peuple vient de faire de son fauteuil roulant une arme par destination. Condamnée à deux mois de prison avec sursis, elle est aussi, comme le rappelle La Dépêche, interdite de manifestation en Haute-Garonne pendant un an.
Son crime ? Avoir bloqué la lance à eau d’un CRS en s’interposant avec son fauteuil roulant, lors d’une manifestation des Gilets jaunes le 30 mars à Toulouse. Son avocat, Me Pascal Nakache, a annoncé son intention de faire appel du jugement.
Odile Maurin était également accusée d'outrage aux forces de l'ordre suite à cette altercation, et d'avoir incité à porter atteinte à l'intégrité physique d'une commissaire en affichant sa photo sur ses réseaux sociaux, la désignant comme "la gazeuse en chef". Pour ces faits, elle a été jugée non coupable.
L’affaire est aussi relatée en détail sur France 3 Occitanie.

vendredi 29 novembre 2019

Le nouveau CRUSH 44 : ces petits jouets du capitalisme colonial

En pleine répression des manifestations contre la Loi El Khomri et au lendemain de la manifestation de l’extrême-droite policière place de la République, en marge de laquelle une voiture de police avait été incendiée, conséquence prévisible de l’escalade des violences policières au cours des derniers mois, un nouveau fabricant d’armes a fait son apparition, SECURENGY. L’entreprise propose une arme de 44 mm dite de “force intermédiaire” (comprendre “qui n’est pas faite pour tuer, mais peut éventuellement tuer quand même”), le CRUSH 44.
La suite sur le site Désarmons.net
Vidéo de démonstration

12 décembre 2019, Montpellier. Procès de Camille Halut, observatrice de la LDH, poursuivie pour rébellion et dissimulation de visage

Le 12 décembre 2019 aura lieu à Montpellier le procès de Camille Halut, militante et observatrice de la Ligue des droits de l’homme, dont Amnesty International dresse ici le portrait.
Son délit : avoir refusé de donner son appareil photo à un policier  (le chef de la Sûreté local) lors d’une manifestation pour le climat à Montpellier, alors que le droit international reconnaît ce statut d’observateur.
Pour une fois, la “justice” n’invoque pas le classique délit d’outrage. Camille est poursuivie pour dissimulation de visage et rébellion.

RAPPELS ET PROSPECTIVES : UNE JUSTICE RENDUE CONTRE LE PEUPLE

Rappelons que le délit de dissimulation de visage (passible d’un an d’emprisonnement et de 1.500 € d’amende) fut voté sous Sarkozy en 2010, dans le contexte du débat sur le voile.
Si le délit de rébellion (beaucoup moins utilisé que celui d’outrage) est passible de la même peine, on notera que celui de rébellion armée porte la peine à cinq ans de prison et 75.000 € d’amende. Au train où vont les choses dans une France où des policiers contrôlent une passante parce qu’elle lit un livre déplaisant à la police [Dernière sommation, de David Dufresne], il n’est pas interdit d’imaginer que des magistrats animés par une servilité qui leur fait perdre de vue ce pour quoi ils sont censés rendre la justice – c’est-à-dire au nom du Peuple, et non pas contre le Peuple –, en viendront, dans un avenir dont il est à craindre qu’il soit encore plus sombre pour les libertés publiques, à considérer l’appareil photo d’un journaliste (ou d’une observatrice d’une association de défense des droits humains) comme une arme par destination… Fin de la parenthèse.

UN PROCÈS AUX ENJEUX CAPITAUX

D’où l’importance de ce procès, qui n’est pas un procès comme un autre (même s’il s’inscrit dans la spirale totalitaire qui anime la ”justice” depuis le début de la répression des Gilets jaunes) puisque, pour la première fois, et après le procès du journaliste Gaspard Glanz (condamné à 300 € d’amende pour outrage pour un doigt d’honneur à un policier), une observatrice de la LDH est poursuivie en justice. Dans cette interviewe fort instructive (6 novembre), Camille Halut explique comment le statut d’observateur s’articule et rappelle la volonté évidente de mutiler de la police française sous le régime des Macron-Strodza-Lallement-Castaner.
Camille Halut avait été relaxée le 1er octobre dans une affaire similaire, où elle était poursuivie pour “entrave à la circulation”, alors qu’elle faisait partie d’une mission d’observation de la LDH lors d’une manifestation où les Gilets jaunes avaient bloqué une autoroute en avril 2019. Les juges avaient estimé que la police avait cherché une infraction a posteriori. Elle avait à l’époque effectué 56 heures de garde à vue.
Procès de Camille Halut (1er octobre 2019)


Le tribunal a rendu son verdict le 16 janvier 2020 : Camille Halut est relaxée.

lundi 25 novembre 2019

Les promesses du président Sebastián Piñera aux carabiniers se concrétisent : la France va apporter son savoir-faire au Chili, en matière de répression

Ill. Nantes Révoltée
Dimanche 24 novembre 2019, 37e jour de mobilisation au Chili (rappelons que son point de départ fut une révolte contre l’augmentation du ticket de métro), le président Sebastián Piñera, en visite à l’École des sous-officiers des carabiniers, a communiqué une série de mesures liées à la situation de crise sociale, sous la forme d’un projet de loi pour que les forces armées puissent collaborer dans la protection des infrastructures du pays, déclarant : “Nos carabiniers et la police d’investigation ont besoin du soutien du gouvernement pour restaurer la dignité de notre police.”
Son discours est visible ici.
Le président multimilliardaire chilien a également évoqué le nombre de troupes qui entreront au service actif des carabiniers et de la police d'investigation (PDI) dans les prochaines semaines, après certaines dispositions prises dans le domaine de l'ordre public, déclarant :
“Je tiens à annoncer que, grâce à la réintégration du personnel récemment retraité avec de bonnes qualifications, et à l'anticipation de la remise des diplômes des nouvelles générations des écoles d'officiers et de sous-officiers des carabiniers et de la police d'investigation, dans les 60 prochains jours, nous allons augmenter de 4.354 le nombre de carabiniers et de policiers pour protéger la paix et la sécurité des citoyens.”
Cet accord pour la “paix et la sécurité”, véritable insulte aux victimes de la répression, qui constitue ni plus ni moins un appel à la reddition par la force, comprend :
* La réintégration des policiers à la retraite
* Une sortie anticipée des écoles de police (sans instruction complète)
* Plus de ressources pour les carabiniers
* Plus de pouvoirs pour les carabiniers (modernisation)
* Plus d’attributions présidentielles (militaires à la rue sans état d’exception)
* Conseil international en matière de police (France, Espagne et Angleterre).
Ces informations sont confirmées mardi 26 novembre par le sous-secrétaire d’État à l’Intérieur Rodrigo Ubilla sur le site (en espagnol) El Mostrador.
La France, qui avait déjà apporté son aide au régime du général Pinochet en 1973, comme le rappelle Nantes Révoltée, va donc apporter son aide et son sinistre savoir-faire en matière de maintien de l’ordre et de répression au Chili.

dimanche 24 novembre 2019

Chili. Daniela Carrasco, Albertina Martinez Burgos, Carolina Muñoz Manguello, trois femmes victimes des escadrons de la mort

La sanglante répression par les carabiniers, la police militaire du Chili, pays où 23 personnes ont été tuées, 220 éborgnées, 2.500 blessées, des femmes violées (70 plaintes de violences sexuelles par les forces de l’ordre), 7.000 arrêtées, s’est accompagnée de ce qu’il faut bien appeler des “escadrons de la mort” (de sinistre mémoire en Argentine et d’autres ex-dictatures d’Amérique latine), dont certains, on le lira plus bas, ne se donnent même pas la peine d’agir en secret.


  En octobre, Daniela Carrasco, 36 ans, artiste de rue surnommée La Mimo car elle apparaissait déguisée en clown, était découverte pendue à un arbre, quelques heures après son arrestation par la police, après avoir été violée et torturée (après que l’on eût tenté de faire croire à un suicide…).
  Le 22 novembre, Albertina Martinez Burgos, 38 ans, photographe militante ayant couvert les manifestations et effectué un travail d’investigation sur les violences militaires et policières au Chili, était retrouvée assassinée chez elle. Tous ses disques durs ont disparu. À lire sur le site Persil.
  Le même jour, Carolina Muñoz Manguello est enlevée pendant une manifestation, comme le rapporte Tenemos Notifias qui publie la vidéo de l’enlèvement [ci-dessous] dans un article intitulé : Comme sous Pinochet. Comment les carabiniers font disparaître des manifestants. Elle n’a pas reparu depuis.
À ces trois exemples, qui constituent la partie visible de cet iceberg de terreur imposée par un régime qui n’a rien à envier à celui de Pinochet sur des manifestants (en l’occurence, des femmes), ajoutons le cas, rapporté par le site piensaChile.com, de cette femme déshabillée par des militaires lors d’une manifestation, sur la place du tribunal, dans la ville de Concepción.
 
À l’image d’un Castaner ou d’un Macron niant les violences policières contre les Gilets jaunes, le président chilien Sebastian Piñera, dont on connaît les nombreuses « parentés » avec le régime Pinochet, a déclaré : « Il y a eu un usage excessif de la force,  il y a eu des abus et on n’a pas respecté les droits de tous ».
Si l’on n’en est, fort heureusement, pas encore arrivé à ce stade en France, il convient néanmoins de remarquer les similitudes entre un régime chilien qui tue des manifestants pour faire peur et un régime macronien qui crève les yeux des manifestants pour les mêmes raisons. On rappellera que l’actuel préfet de police, Didier Lallementdéclara récemment à une manifestante Gilets jaunes, mettant son mouchoir par-dessus son devoir de neutralité républicain : « Nous ne sommes pas dans le même camp, madame ! », assertion qui vient à point pour rappeler que