lundi 28 décembre 2015

Pantin. Tabassée par des policiers racistes pour s'être opposée à l'interpellation brutale de ses deux fils, une mère porte plainte pour violences policières

Samedi 26 novembre, Pantin (Seine-Saint-Denis). Deux frères de 15 et 18 ans contrôlés par la police sont matraqués par les "forces de l’ordre". La mère, ne supportant pas de voir ses fils brutalisés, intervient et se fait à son tour gazer et matraquer par les flics, qui accuseront, comme de bien entendu, et selon un modus operandi désormais bien rôdé, repris en chœur par les syndicats policiers, les deux jeunes d’outrage.
Après s’être vue prescrire une ITT de 10 jours, la mère, Mme Zahra Kraiker, a décidé de porter plainte pour violences policières. La recrudescence de ces violences policières à caractère raciste – appelons un chat un chat et un flic raciste qui se déchaîne sur des Arabes un flic raciste –, semble montrer que la police française, de plus en plus gangrénée par de tels individus, n’a plus grand-chose de républicain. Et prend, tranquillement mais sûrement, le chemin des Etats-Unis, pays où il ne fait pas bon se trouver sur le passage des "forces de l'ordre" quand on a la peau noire…

Lire dans Libération l’article de Sylvain Mouillard, Pantin enrage contre les "cow-boys"

Vidéo de l'interpellation, diffusée par France 3, qui utilise l’euphémisme "intervention musclée" pour "matraquage sauvage", filmée par une voisine, et le témoignage des parents des deux adolescents.

mercredi 23 décembre 2015

Quand Frédéric Péchenard, l'homme qui veut des tests salivaires de dépistage de cannabis dans les lycées, étouffait les poursuites pénales contre son fils

Frédéric Péchenard, n°2 de la nouvelle patronne de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, vient de présenter sa toute nouvelle mesure : des tests salivaires de dépistage de cannibis dans tous les établissements scolaires de la région. Cette mesure, qui suscite de nombreuses critiques, semble d'ailleurs mal engagée.
Gageons que les médias ne vont pas se bousculer au portillon pour rappeler la morale à géométrie variable de cet individu qui, en 2010, alors qu’il dirigeait la Police nationale, était intervenu auprès des policiers pour étouffer une affaire dans laquelle son fils aurait dû être poursuivi pour outrage.

Voici ce que nous disions à l’époque sur Mediapart et sur le site du CODEDO.
17 juin 2009, le fils de Frédéric Péchenard (directeur général de la Police nationale et ami d'enfance de Sarkozy), alors âgé de 16 ans, est arrêté par des policiers pour conduite en état d'ivresse sur un scooter. S'en suivent des insultes [Tu fais qu'un métier de con, je vais te muter à la circulation!], qui auraient conduit (pour le moins) n'importe quel citoyen lambda en garde à vue pour outrage.
L’affaire a été révélée par Le Parisien. L’OPJ de permanence cette nuit-là a reçu l'ordre de ne pas placer l'interpellé en garde à vue et de ne pas aviser la permanence de nuit du parquet. Cette affaire rappelle le cas tout récent de Gilles Dufeigneux, chef de cabinet adjoint du Premier ministre, également arrêté pour conduite en état d'ébriété, contraint à la démission mais non poursuivi, alors que son attitude était caractéristique d'un délit d'outrage.

vendredi 18 décembre 2015

18 adolescents du 12e arrondissement de Paris portent plainte pour violences policières


Dix-huit garçons et filles du quartier Reuilly-Montgallet (12e arrondissement) viennent de porter plainte contre des policiers pour violences, harcèlement, injures racistes, etc. Porter plainte contre un policier n’est jamais chose facile en France. Le juge, presque toujours, est du côté des "forces de l’ordre". Le faire quand on a entre 15 et 18 ans encore moins.


On relira avec intérêt l’un des multiples livres de Maurice Rajsfus sur le sujet, Je n’aime pas la police de mon pays, paru aux éditions Libertalia, et Souscription pour l’édification d’un monument au policier inconnu, récemment réédité aux éditions de La Pigne.


vendredi 11 décembre 2015

Babacar Guèye, sénégalais, 27 ans, abattu par la police à Rennes

Dans la nuit du 2 au 3 décembre 2015, Babacar Guèye, Sénégalais de 27 ans, a reçu cinq balles dans le corps. C’est un policier qui a tiré. L’incompétence manifeste des agents de l’ordre, couverte plus que jamais par l’état d’urgence, voilà qui explique probablement le drame. La version des journaux « respectables », reprise de la version du procureur, ne laisse pas d’intriguer, sinon de révolter.
La suite sur le blog Mediapart.
Témoignage de Awa Guèye, la sœur de Babacar. Ses amis organisent une marche silencieuse le samedi 12 décembre à Rennes.

jeudi 10 décembre 2015

"Qui a tué Ali Ziri ? Contre-enquête sur les violences policières", un film de Luc Decaster

Le 11 juin 2009, Arezki Kerfali, 61 ans, et Ali Ziri, 69 ans, sont interpellés, en état d'ivresse, par la police nationale d’Argenteuil, lors d’un contrôle routier. Ali Ziri quitte le commissariat dans le coma et décède à l’hôpital deux jours plus tard. S‘en suivra une plainte de la famille, et une longue bataille judiciaire, la justice ayant, comme presque toujours dans pareil cas en France, classé l’affaire (actuellement en cassation).
Luc Decaster a réalisé un documentaire sur cette affaire. Pendant cinq ans, il a filmé le combat du collectif de citoyens Vérité et Justice pour Ali Ziri. Télérama a interviewé l’un d’entre eux, Omar Slaouti.   À lire ICI.

jeudi 3 décembre 2015

Eric Pétetin condamné à six mois de prison ferme pour "outrage raciste" : un dangereux dérapage sémantique


Le militant éologiste Eric Pétetin, connu pour son combat contre le tunnel du Somport, vient d’être condamné en comparution immé-diate à 6 mois de prison ferme pour "outrage raciste [sic] et coups à un agent à la peau noire" [sic], à l’issue d’un contrôle routier qui a mal tourné, non loin de l’Élysée.
Outre la disproportion de la peine, qui intervient en plein délire des procédures d’exception liées à l’état d’urgence voté par le Parlement à la suite des massacres du 13 novembre, le plus surprenant est la dénomination aberrante figurant dans le verdict, avec l’ajout de l’adjectif qualificatif "raciste" au substantif "outrage". En effet, le délit d’outrage raciste ne figure pas dans le Code pénal. On peut être condamné pour outrage à agent, outrage à magistrat, outrage à inspecteur du travail, etc, mais pas pour outrage à fonctionnaire à la peau noire.
Ce dangereux dérapage sémantique, qui va de pair avec les manipulations du pouvoir à propos de la manifestation interdite du 29 novembre, place de la République, en dit long sur le climat sécuritaire en train de s’installer en France. Après avoir monté en épingle une opération médiatique (300 gardes à vue débouchant sur quatre poursuites devant les tribunaux) visant à dire : "Voilà ce qui arrive aux mauvais Français qui bravent l’interdit de l’état d’urgence…", c’est comme si on disait : "Voyez ce militant écologiste, Eric Pétetin ! Non seulement, il se comporte mal à l’égard des forces de l’ordre, mais en plus, c'est un individu raciste!"

dimanche 29 novembre 2015

État d'urgence, un homme poursuivi pour outrage pour s'être opposé à des violences policières dans le 18e arrondissement de Paris

Mercredi 25 novembre, Arthur rentre chez lui. Rue Affre, dans le XVIIIe arrondissement, il est témoin d'une violence policière hors du commun. Quatre hommes en civil se ruent sur un type, le mettent au sol et commencent à le rouer de coups. Arthur pense alors à s'interposer. De l'autre côté de la rue, un homme a la même idée. Il élève la voix en direction des quatre qui tabassent, qui répondent : "Tu en veux aussi, c'est ça? Viens !"
La suite de cette histoire édifiante, qui a conduit à l'interpellation d'un jeune couple, est à lire sur le site Rue 89. La femme a écopé d'un rappel à l'ordre. L'homme, retenu en garde à vue pendant 40 heures au commissariat de La Goutte d’Or, va être poursuivi pour outrage et violences. (Les flics prétendent l'avoir entendu crier "Daech".)

samedi 28 novembre 2015

Lucile, condamnée à trois mois de prison ferme pour outrage

Le 25 novembre avait lieu à Bobigny le procès de Lucile, poursuivie pour outrage, pour avoir dit (entre autres) à des policiers, lors d'un contrôle : « Vous êtes des putes, vous avez des uniformes de putes, bande de chiens » et avoir refusé de se soumettre à un relevé d’empreintes digitales. Elle raconte son histoire sur le site Paris.Lutte.Info.
En détention provisoire à Fleury-Mérogis depuis 6 semaines, celle-ci a été condamnée [lire ici] à trois mois de prison ferme !

mercredi 25 novembre 2015

Bravons l'état d'urgence, manifestons le 29 novembre

Libération publie ce matin un appel à braver l’état d’urgence et à manifester pour le climat le dimanche 29 novembre, malgré l'interdiction du gouvernement.
On peut signer la pétition ICI.

dimanche 1 novembre 2015

Un collectif de femmes organise une marche de la dignité contre les violences policières

Le 31 octobre 2015, une semaine après la manifestation de Pont-de-Buis, devant l'usine fabriquant les grenades de la police qui crèvent (notamment) les yeux des manifestants [lire sur Reporterre], un collectif de femmes organisait à Paris une marche de la dignité afin de remettre la question des violences policières au cœur du débat politique.

Amal Bentousi, Urgence, notre police assassine
Ce collectif a été créé à l'initiative d’Amal Bentounsi, fondatrice du collectif Urgence, notre police assassine, dont le frère, Amine Bentounsi, a été tué d'une balle dans le dos par un policier le 22 avril 2012 à Noisy-le-Sec. Le procès du meurtrier, Damien Saboundjan, se tiendra du 11 au 15 janvier 2016 devant la cour d’Assises du tribunal de Bobigny (Seine-Saint-Denis). La famille de la victime sera défendue par Eric Dupont-Moretti. Nous avions rencontré Amal le 5 mars 2015 [lire ici], lors du procès du Jura Libertaire.

samedi 31 octobre 2015

Une manifestation calme pour dénoncer l’usine qui fabrique les grenades et les balles de la répression policière

À Pont-de-Buis (Finistère),  une usine méconnue fabrique grenades et balles, utilisées pour la répression policière, et qui souvent, tuent et blessent. Contre cette usine de mort, manifestations et débats ont eu lieu les 25 et 26 octobre, un an après la mort de Rémi Fraisse.
Compte-rendu de Nicolas de la Casinière sur le site Reporterre.

jeudi 22 octobre 2015

Et si le délit d'outrage était chassé du Code pénal grâce… à Henri Guaino ?

Cette alternative, qui paraissait insensée, incongrue, inepte jusqu’à hier, est tout à fait envisageable depuis que la Cour d'appel de Paris a condamné [lire ci-dessous] Henri Guaino (relaxé en première instance) à 2.000 euros d'amende. Il suffirait pour cela :
– qu'il soit de nouveau condamné en cassation
– qu'il se tourne vers la Cour européenne des droits de l'Homme
– que celle-ci, comme elle l'avait fait pour le délit d’offense au chef de l’État, grâce au camarade Hervé Éon et à l'affaire "Casse-toi pov’con!", condamne la France
– et que les parlementaires français soient contraints, comme ils l'ont fait pour le délit d'offense au chef de l’État, de supprimer l'absurde délit d’outrage
On en reparle fin 2016, début 2017 ?

Henri Guaino condamné en appel à 2.000 euros d'amende pour outrage contre le juge Gentil

Henri Guaino, relaxé en première instance dans le procès qui l'opposait au juge Jean-Michel Gentil, a été condamné en appel (le Parquet avait fait appel) à une amende de 2.000 euros. Son avocat, Eric Dupont-Moretti, a annoncé que son client allait se pourvoir en cassation. Procès qu’il gagnera forcément, dans la mesure où le propos reprochés à l'accusé ont été tenus publiquement, alors que l'outrage ne concerne que les actes, paroles ou dessins non publicsS'il est de nouveau condamné en cassation, cela se terminera devant la Cour européenne des droits de l'homme.
Il ferait beau voir que le délit d'outrage soit, comme celui d'offense au chef de l'Etat, chassé du Code pénal grâce à l'Europe. Et grâce à Henri Guaino, l’ex-conseiller de Nicolas Sarkozy, grand ressusciteur du délit d’outrage pour raisons politiques.
Précisons que ce scénario est tout à fait de l'ordre du possible ! 

Le procès du 22 octobre 2014 vu par J.-J. Reboux dans L’Humanité.

Un Toulousain poursuivi pour avoir donné des conseils aux manifestants anti-Sivens

Pour avoir donné des conseils aux manifestants anti-barrage de Sivens sur le site IAATA (Information Anti-Autoritaire Toulouse et alentours), un Toulousain est poursuivi pour « provocation publique à la commission d’un délit ou d’un crime ». L'info est à lire sur ActuCôtéToulouse
Le procès aura lieu en juin 2016.

mercredi 21 octobre 2015

23 octobre, manifestation contre les armes de la police à Pont-de-Buis (Finistère)

Lanceur de balles de défense (crève les yeux des manifestants)
Vendredi 23 octobre 2015, un an après la mort de Rémi Fraisse, à Pont-de-Buis (Finistère), une manifestation "contre les armes de la police" se tiendra devant l'usine d'armement Nobel Sport, qui fabrique les LDB 40 et autres Flash-ball Superpro.
À cette occasion, l'assemblée des blessé(e)s, des familles, des collectifs contre les violences policières tiendra une conférence de presse devant les grilles de l'usine. TOUTES LES INFOS ICI.

"Reporterre" publie une autre version de la mort de Rémi Fraisse

Rémi Fraisse a été tué dans la nuit du 25 au 26 octobre 2014 sur la ZAD de Sivens par une grenade lancée par un gendarme mobile. La première phase de l’enquête, menée par les gendarmes eux-mêmes, semble dédouaner le militaire.  Reporterre a recueilli des informations et des témoignages qui contredisent le rapport des forces de l’ordre. LIRE ICI

mardi 13 octobre 2015

Violences policières à Nantes. Solidarité avec J-J Reboux, poursuivi pour injures publiques par Brigitte Lamy, procureure de la République de Nantes

À la suite de la plainte pour injures publiques de la procureure de la République de Nantes contre J.-J. Reboux, voici le compte-rendu d'audition du suspect. Vous pouvez manifester votre solidarité en reprenant à votre compte l'intégralité des propos de l'article incriminé, qui se sont nullement injurieux mais peuvent néanmoins être sujets à de poursuites judiciaires.

jeudi 24 septembre 2015

Brigitte Lamy, procureure de la République de Nantes, poursuit Jean-Jacques Reboux pour "injures publiques"


Après avoir poursuivi le site Nantes révoltée pour injures, Brigitte Lamy, procureure de la République de Nantes, s’en prend maintenant à Jean-Jacques Reboux, pour avoir publié sur son blog, ainsi que sur le site du CODEDO, un portrait d’elle intitulé : "Brigitte Lamy, la procureure qui estime que la police a le droit de crever les yeux des manifestants."
Le portrait incriminé est [ICI].
4 jeunes mutilés pour raison d’État.
Cette affaire fait suite au classement sans suites par Mme Lamy des plaintes de six personnes blessées par la police lors de la manifestation du 22 février 2014 contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Rappelons que l’un d'entre eux, Quentin Torselli, avait eu un œil crevé par un tir de LBD (lanceur de balles de défense), une version "améliorée" du flash-ball.
Audition de J-.J. Reboux le 1er octobre 2015 par la PJ. Il reviendra ensuite au procureur de la République de Saint-Nazaire (où l’affaire a été dépaysée) de décider s’il poursuit ou classe l‘affaire.

mercredi 26 août 2015

"Monsieur, vous n’avez plus le droit à la CMU, je suis obligé de vous arracher votre bridge" (chronique de la France ordinaire)

Après les violences policières, voici maintenant les violences… dentaires !
Sur son blog, J.-J. Reboux, l’un des fondateurs du CODEDO, raconte : Le 18 mai 2015, il m’est arrivé une histoire traumatisante, qui en dit long sur notre merveilleuse société capitaliste : un dentiste m’a arraché de la bouche le bridge qu’il venait tout juste de me poser, au motif imparable que je n’avais plus le droit à la CMU (couverture maladie universelle).
La suite est à lire ICI.

3 septembre 2015. Procès pour « entrave au mouvement de personnel et matériel militaire » d’un militant du plateau de Millevaches protestant contre la mort de Rémy Fraisse


Le 3 septembre 2015 aura lieu à Limoges le procès de Grégory, poursuivi pour « entrave au mouvement de personnel et de matériel militaire », un délit datant de la guerre d’Algérie et manifestation interdite.  Cette affaire fait suite à une manifestation de protestation contre l’assassinat de Rémi Fraisse, en septembre 2014, devant la gendarmerie d’Eymoutiers, dans le Limousin, au cours de laquelle des militants avaient cadenassé les grilles de la gendarmerie et déposé une pancarte sur laquelle était écrit : « Ils  tuent Rémi Fraisse, ce n’est pas une bavure, de fait nos mondes sont ennemis. » Des banderoles avaient été accrochées au grillage, portant les inscriptions : « Désarmons la police », « A la niche les cognes » et « Silence on tue ».
Tous les détails sur le blog de l’écrivain Serge Quadruppani, directement mis en cause dans cette affaire par les pandores de l’antiterrorisme (SDAT), qui se sont illustrés par la fabrique de « l’affaire Tarnac », sur Rue 89 et sur le site du Monde.