samedi 18 janvier 2020

Taha Bouhafs, qui avait filmé les agissements de Benalla, en garde à vue après l’exfiltration du couple Macron des Bouffes du Nord, déféré devant un juge d’instruction

Taha Bouhafs, journaliste à Là-bas si j’y suis, est à l’origine de la vidéo montrant les violences d’Alexandre Benalla lors de la manifestation du 1er mai 2018, place de la Contrescarpe. Le fumeur de chicha qui a fait tomber Benalla, selon l’expression de Street-Press, est l’une des (très nombreuses) bêtes noires du pouvoir macronien.
Vendredi 17 janvier 2020, il était présent dans la salle où se jouait la pièce La Moucheau théâtre des Bouffes du Nord, auquel assistaient Emmanuel Macron et son épouse, qui furent exfiltrés par la police, à la suite de manifestations bruyantes de militants rassemblés devant le théâtre.

Pour avoir publié ce tweet, qui n’était pas le premier à informer de la présence du couple Macron dans la salle, comme l’a rappelé Libération, il a été arrêté et mis en garde à vue pour « participation à un groupement en vue de commettre des violences ».
Libéré après 24 heures de garde à vue, Taha Bouhafs a déclaré : “J’ai l’impression qu’on veut rétablir le crime de lèse-majesté.”
Dans la foulée, le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire pour « participation à un groupement formé en vue de commettre des violences ou des dégradations » et «organisation d'une manifestation non déclarée ».


Si vous informez, vous risquez la prison

« Par cette demande, l'objectif du parquet est de garder le portable de Taha Bouhafs et le bénéfice du secret de l'instruction, pour masquer le vide du dossier, a déclaré son avocat, Me Arié Alimi. C’est un message adressé par l’exécutif et le parquet à tous les journalistes. Si vous informez, vous risquez la prison. » Le juge d'instruction n’a pas suivi le parquet, qui demandait sa mise en examen.
Taha Bouhafs a fait part de son intention de déposer une plainte pour « faux et usage de faux »,  le GSPR (Groupe de sécurité de la présidence de la République) ayant menti dans son communiqué de presse en prétendant que Taha Bouhafs avait appelé à manifester. La plainte sera modifiée ce lundi pour « dénonciation calomnieuse ».

Lire à ce propos le billet de Daniel Mermet, Macron l’exfiltré.

Procès pour outrage et rébellion le 25 février

RAPPEL AUTRE AFFAIRE. Le 25 février 2020 aura lieu devant le TGI de Créteil le procès de Taha Bouhafs, jugé pour outrage et rébellion, après avoir été violemment interpellé lors d’un rassemblement de soutien à des travailleurs sans-papiers de Chronopost à Alfortville (Val-de-Marne)* le 11 juin 2019, au cours duquel son téléphone avait été confisqué. Cette interpellation lui avait valu 10 jours d’ITT.
* À noter que ces travailleurs sans-papiers viennent d’obtenir gain de cause et ont obtenu leur régularisation.

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