mercredi 4 mai 2016

Violences policières. Bernard Cazeneuve, Michel Cadot : les fantômes de Jules Moch et de Maurice Papon


Deux mois après la publication du rapport alarmant de l’ACAT sur les violences policières en France, celles-ci n'ont cessé de se développer, avec une sauvagerie et une barbarie de plus en plus effrayantes. Parmi les nombreux articles parus sur les innombrables violences policières rythmant les manifestations contre la loi travail et les "Nuit debout", à Paris comme en province, mais aussi la manifestation parisienne du 1er mai, voici un papier paru dans Rue89, qui résume assez bien la situation.

Michel Cadot, préfet de police de Paris
On lira aussi ce billet éloquent (Quelque chose de pourri au royaume de France), sur le blog de Julien Salingue.
Suite à la manifestation de Rennes, où un manifestant a eu un œil crevé par un tir de flash-ball, Olivier Besancenot demande l'interdiction du flash-ball. À noter que dès juillet 2007, le défenseur des lois, Jacques Toubon, qui n'est pas suspect d'être un gauchiste, en avait demandé l'interdiction. Ce qui ne semble nullement émouvoir le pouvoir "socialiste" aux abois d'une France qui ressemble de moins en moins à un État de droit. 
Jules Moch
Il est permis d'affirmer que le préfet de police de Paris, Michel Cadot, semble plus proche d’un Maurice Papon (préfet de police de Paris lors des massacres d’Algériens d’octobre 1961) que d'un Maurice Grimaud (préfet en mai 1968), qui déclarait dans une "lettre aux policiers" restée fameuse : "Frapper un manifestant tombé à terre, c'est se frapper soi-même en apparaissant sous un jour qui atteint toute la fonction policière. Il est encore plus grave de frapper des manifestants après arrestation et lorsqu'ils sont conduits dans des locaux de police pour y être interrogés."
Ce qui ne semble pas être le souci du ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, plus proche du sinistre ministre de l’Intérieur Jules Moch qui faisait tirer sur les mineurs en 1947, quelques années avant l’arrivée dans la vie politique de Guy Mollet, dont François Hollande et son Premier ministre Manuel Valls, chantres de l’État d’urgence et de la déchéance (finalement avortée) de nationalité, suite aux attaques terroristes du 13 novembre 2015, se montrent les indignes héritiers.

mardi 29 mars 2016

Pétition pour la libération de Florence Hartmann, condamnée en 2009 pour "outrage à la cour" et mise en détention à La Haye le 24 mars

Florence Hartmann lors de son arrestation
La revue Esprit lance une pétition demandant la libération de Florence Hartmann, ex-porte-parole du Tribunal international pour l'ex-Yougoslavie. Condamnée en 2009 à 7.000 € d'amende pour outrage à la cour"pour avoir divulgué dans son livre Paix et châtiment, publié en 2007, le contenu de deux décisions confidentielles, montrant que le tribunal avait abusivement conservé sous le sceau du secret des documents remis par Belgrade, utilisés dans le procès de Slobodan Milosevic", Florence Hartmann a été arrêtée le jeudi 24 mars, alors qu'elle était venue assister au verdict du procès de l'ancien président des Serbes de Bosnie Radovan Karadzic, condamné à 40 ans de prison pour crimes contre l'Humanité et crimes de guerres.
Lire l'article de la revue Esprit. La pétition est ICI.
Éclairage sur cette affaire scandaleuse sur FranceTVinfo.

lundi 14 mars 2016

Mauvais traitements, impunité : le rapport noir et inquiétant de l'ACAT sur les violences policières en France


Comme le signale Le Mondeau moment où l’État dote les brigades anticriminalité de la police d’armes de guerre, et alors que le Parlement discute d’un assouplissement des règles d’ouverture du feu par les forces de l’ordre, l’ACAT (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture) publie lundi 14 mars un rapport cinglant sur les violences policières, que l’on peut consulter ICI.
Ce rapport met notamment l’accent sur l’utilisation systématique et abusive des délits d’outrage et rébellion par des policiers coupables de violences, ainsi que le note le Bondy Blog.

La pétition de l’ACAT
Après avoir enquêté sur 89 cas d’usage de la force par des policiers et gendarmes ayant entraîné des blessures graves ou des décès depuis 2005, l’ACAT lance une pétition demandant au ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve de publier régulièrement les chiffres sur :
  • L’utilisation des armes par les forces de l’ordre, et les circonstances dans lesquelles elles sont utilisées
  • Le nombre de personnes blessées ou tuées chaque année au cours d’interventions des forces de l’ordre
  • Le nombre de  plaintes déposées pour violences policières
  • Le nombre et le type de  sanctions disciplinaires ou de condamnations judiciaires  prononcées pour des faits de violences policières.

mercredi 2 mars 2016

Agora Vox pose la question de la suppression du délit d’outrage


La (pertinente) question de la suppression du délit d’outrage, plus que jamais en cours à des fins politiques depuis que Sarkozy n’est plus au pouvoir, est posée par Eleusis Bastiat dans cette tribune publiée sur AgoraVOX.

Les BAC (brigade anticriminalité) parisiennes dotées de fusils d'assaut HK G36… tirant de travers !


Pour parer d’éventuelles attaques terroristes, les BAC (brigades anticriminalité) parisiennes vont recevoir un équipement renforcé, vient de déclarer le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve. Parmi cet attirail, 204 fusils d'assaut HK G36, 116 pistolets à impulsion électrique (Taser), 134 lanceurs de balles de défense, 981 bâtons télescopiques de défense, 25.200 munitions de défense courte portée. D’après le journal Le Point, les fusils d’assaut HK G36, de fabrication allemande, faisant partie de cette nouvelle dotation, tireraient de travers !
Question : la première victime de ces nouvelles armes sera-t-elle : a) un terroriste – b) un jeune de banlieue un peu basané victime d'un policier raciste – c) un passant ?

Le militant CGT Joël Moreau condamné à 250 € d'amende pour outrage, pour avoir crié "Valls, je t'emmerde !"

Joël Moreau, le militant CGT interpellé à Mulhouse le 24 février, lors d’une manifestation contre la venue des ministres Valls, Macron et El Khomri [lire ci-dessous], comparaissait le 26 février devant le tribunal, après avoir passé 19 heures en garde à vue. Il ne s'agissait pas d'un procès mais d’une "composition pénale" (reconnaissance préalable de culpabilité). Il a été condamné à 750 € d'amende, dont 500 € avec sursis, pour outrage pour avoir crié "Valls, je t'emmerde !" et repris le slogan de Mai 68 "CRS, SS !"

mercredi 24 février 2016

Joël Moreau, militant CGT poursuivi pour outrage pour avoir manifesté contre la loi El Khomri à Mulhouse

Joël Moreau, militant CGT, ancien ouvrier chez PSA, 69 ans, a été interpellé lundi à Mulhouse (Haut-Rhin) lors d'une manifestation organisée en marge d'un déplacement de Manuel Valls, Emmanuel Macron et Myriam El Khomri, venus défendre le projet de réforme du Code du travail. Interpellé alors qu'il participait à une manifestation organisée devant une agence de Pôle emploi à laquelle avaient pris part une centaine de personnes, le militant a passé la nuit en garde à vue et a été libéré mardi matin. Il est poursuivi pour « outrage à personnes dépositaires de l'autorité publique », en l'occurrence des gendarmes mobiles, des CRS et le Premier ministre.
   Le rassemblement était encadré par un déploiement policier de très grande envergure, empêchant les participants de s'approcher de l'agence de Pôle emploi, parqués pendant deux heures sur un parking à plusieurs centaines de mètres du lieu prévu de la manifestation. Joël Moreau aurait « haussé la voix, dénoncé le projet de loi, les attaques contre les acquis sociaux ».  Il comparaîtra vendredi devant un juge du tribunal de Mulhouse dans le cadre d'une audience simple de plaider-coupable, c'est-à-dire sur reconnaissance préalable de culpabilité.
   Ces poursuites prouvent, plus que jamais, que l’outrage, sous la "gauche" comme sous Sarkozy, est un délit politique.
    Sur France Bleu, Joël Moreau crie son indignation : "Manifester pour les générations futures c'est un droit, et je n'aime pas être humilié au nom de la communication. Ce que voulait Valls, c'était que ça soit propre, qu'il n'y ait pas de manifestants. A l'époque, ils dénonçaient ce que Sarkozy faisait, aujourd'hui ce sont eux qui le font".
D'après AFP.
Jugé en comparution immédiate, Joël Moreau a été condamné à 750 € d'amende, dont 500 € avec sursis, pour avoir crié : "Valls, je t'emmerde! "

mardi 23 février 2016

"Personne ne peut imaginer que nous étions autour de Sarkozy une bande de voyous." (Claude Guéant)

Condamné pour "complicité de détournement de fonds et recel" dans l’affaire des primes en liquide, à deux ans de prison avec sursis, 75.000 € d’amende et interdit de tout exercice de la fonction publique pendant cinq ans, déjà mis en examen pour "faux, usage et blanchiment de fraude fiscale en bande organisée" dans l’affaire des soupçons de financement libyen dans la campagne de Sarkozy, le délinquant multirécidiviste Claude Guéant, dont on se souvient qu’il fut le ministre de la Police de Sarkozy, vient d’être mis en examen pour "complicité de favoritisme,  dans l’affaire des sondages de l’Élysée.
Il venait de déclarer la veille du verdict (et sans s'étrangler de rire, semble--t-il) à BFM.TV : "Personne ne peut imaginer que nous étions autour de Sarkozy une bande de voyous." Il faudrait effectivement être complètement fou pour penser une telle chose.

Répression du 22 février 2014, le témoignage de la mère de Quentin Torselli sur "Citizen Nantes"

Sur Citizen Nantes, le témoignage de Nathalie Torselli, la mère de Quentin, qui eut un œil crevé par un policier lors de la manifestation contre l'aéroport Notre-Dame-des-Landes, le 22 février 2014.
Avec un hommage appuyé à Brigitte Lamy, procureure de la République de Nantes, prochainement mutée à la Cour d’appel d’Angers, qui classa sans suite la plainte des 6 manifestants grièvement blessés par la police ce jour-là, préférant poursuivre en justice un blogueur pour "injures publiques" (instruction toujours en cours par le parquet de Saint-Nazaire).

samedi 20 février 2016

Lèse-majesté : Franck Gavoux, l’entrepreneur qui avait interpellé Manuel Valls à La Rochelle, condamné en appel pour outrage et rébellion

Le 30 août 2014, dans les rues de La Rochelle, le Premier ministre Manuel Valls se faisait interpeller poliment mais fermement par Franck Gavoux, un petit entrepreneur d’Aytré, vice-président de "Sauvons nos entreprises", qui entendait reprocher à Manuel Valls de ne pas avoir organisé la table ronde qu'il lui avait promise un an plus tôt au même endroit. Le Premier ministre avait passé son chemin, mais des policiers avaient interpellé et menotté l'artisan, qui sera poursuivi pour outrage et rébellion, et relaxé par le tribunal, faute de preuves. Le parquet, horrifié par ce crime de lèse-majesté, avait fait appel.
La Cour d'appel de Poitiers [lire dans Sud Ouest] vient de le condamner à 300 euros d'amende, 1 euro symbolique de dommages-intérêts et 800 euros au titre des frais d'avocat. Le collectif Sauvons nos entreprises envisage de se pourvoir en cassation. On ne saurait trop conseiller aux avocats de Franck Gavoux de faire citer comme témoin Henri Guaino, le nouveau contempteur du délit d’outrage, qui vient par ailleurs de manifester son hostilité au projet de loi (et de casse du Code du travail) de la ministre du Travail Myriam El Khomri.

mardi 16 février 2016

Katia Lipovoï, 74 ans, brutalisée par la police de Poitiers pour avoir protesté contre l'abattage de platanes et secoué une barrière

A Poitiers, lundi 15 février, Katia Lipovoï, âgée de 74 ans a été brutalisée par la police, puis directement placée en garde à vue. Membre de la Ligue pour la protection de oiseaux de la Vienne, la militante opposée à l’abattage de 98 platanes fragilisés par différentes tempêtes a été arrêtée pour avoir secoué une barrière. Signe que cet état d’urgence, va bien au-delà même de ce que le gouvernement dicte avec ses mesures ultra sécuritaires et liberticides, les policiers municipaux se sentent pousser des ailes : non contents de réprimer les militants qui s'opposeraient à l'état d'urgence ou à la déchéance de nationalité, ils agressent une vieille femme dont le seul "tort" est de n'avoir pas voulu se soumettre à l'arbitraire de la violence du policier.
Info transmise par Révolution permanente.

dimanche 14 février 2016

Les "petites mains" de la Cinémathèque se révoltent. Serge Toubiana et son successeur Frédéric Bonnaud affichent leur mépris.

Cela n’a rien à voir avec le délit d’outrage, ni avec les violences policières, mais cela entre en résonance  flagrante avec la phrase de Noam Chomsky figurant depuis septembre 2008 sur "l’étendard" du CODEDO : "Le pouvoir ne souhaite pas que les gens comprennent qu’ils peuvent provoquer des changements."
C’est une des raisons pour laquelle le 275e papier publié sur ce site [tenu depuis 8 ans par un outrageur outragé, au statut social très précaire], évoquera le combat que mènent quelques employés de l’une des plus prestigieuses de ces institutions, la Cinémathèque française, pour crier leur révolte et faire entendre leur voix. En l’occurrence, par leur porte-voix, la courageuse, téméraire et très cinéphile Anna Bosc-Molinaro.
Serge Toubiana
Comme un (très) grand nombre d’institutions placées sous la tutelle de l’État, des régions ou des  entités territoriales, la Cinémathèque française emploie des personnels vacataires pour faire tourner la boutique et assurer des tâches les plus élémentaires, à savoir l’accueil des publics. Pratique pour l‘employeur, qui sous-traite avec des sociétés prestataires de services ne s’embarrassant pas de scrupules, qui ne paie pas de charges sociales et dispose d’un personnel "flexible", la méthode conduit à des situations humainement déplorables pour celles et ceux qui en font les frais… À l'extrême précarité de ces employés non salariés, dépendants de contrats avec la société City One, s’ajoute le mépris affiché par les dirigeants de la Cinémathèque – en l’occurrence Serge Toubiana –, après le coup de gueule salutaire d’une ancienne hôtesse d’accueil contre les conditions de travail des "petites gens" de l'institution. Anna Bosc-Molinaro, rejointe par plusieurs dizaines d’ex-employés de la Cinémathèque et soutenue par des cinéphiles et des critiques de cinéma tels que Pascal Le Duff.
Le départ de Serge Toubiana, à la tête de la Cinémathèque pendant treize ans, qui a tout fait pour étouffer cette affaire, notamment lors d’une grève des personnels en mai 2014, pouvait laisser espérer une attitude plus compréhensive de son successeur, Frédéric Bonnaud. qui a pris ses fonctions le 2 février. Il semblerait qu’il n’en soit rien, comme le laisse entrevoir son interview à France Musique, au cours de laquelle Frédéric Bonnaud aura ces mots quelque peu choquants dans la bouche d’un ancien journaliste qu’on a connu défendant de belles et nobles causes, notamment lorsqu’il fut viré de France Inter : "Je pense que hôtesse d’accueil, guichetier et ouvreuse, ça doit rester de petits jobs d’étudiant, au risque de choquer. Moi, je ne me vois pas bien faire un CDI à vie pour que des gens vendent des billets à la cinémathèque." 
Henri Langlois
Les cinéphiles, sans qui la Cinémathèque française, rappelons-le, ne serait qu’une coquille vide, apprécieront ce discours à faire se dresser les cheveux sur la tête-de-suaire des fantômes de Georges Franju et Henri Langlois. Et de Noam Chomsky, dont la phrase citée en exergue prend là toute sa saveur : "Le pouvoir ne souhaite pas que les gens comprennent qu’ils peuvent provoquer des changements."
Jean-Jacques Reboux

On peut écrire à Anna Bosc-Molinaro sur sa page Facebook et lire les témoignages qu’elle a recueillis (24 à ce jour) sur la page Lettres ouvertes à la Cinémathèque.
Dans les médias : le témoignage de Gaëlle, dans l’Obs ; "Un remake du mépris ébranle la Cinémathèque dans Le Monde ; l’article de Libération.

samedi 13 février 2016

Affaire Kraiker (suite) : quand le nouveau commissaire de police de Pantin monte de toutes pièces une nouvelle affaire

Nous avons raconté ici l’histoire de Zarah Kraiker, cette mère de famille de Pantin (Seine-Saint-Denis) tabassée le 26 novembre 2015 par la police après avoir protesté contre l’interpellation brutale de ses deux fils. Cette sordide affaire de violences policières vient de rebondir avec l'arrivée d'un nouveau commissaire de police à Pantin.
Mercredi 10 février 2016, à 6h20, le nouveau commissaire se présente au domicile de la famille Kraiker pour embarquer leurs deux fils et leur chiot (qui sera amené à la SPA), ainsi que les deux jeunes témoins de l'agression précédente, pour, leur dit-on, des faits de dégradation en réunion (!) Ceux-ci ont été à nouveau placés en garde à vue au commissariat de Pantin, dont l'accès était interdit et gardé par de nombreux policiers lourdement armés.
Bilal, l'un des deux fils Kraiker, âgé de 18 ans, sera jugé le 19 mai prochain. Le procureur de la République ayant requis sa mise en détention immédiate, il a finalement été libéré et mis sous contrôle judiciaire.
L’histoire complète de cette affaire de violences policières racistes est à lire sur le Paris s'éveille.info.
La page Facebook du Comité de vigilance contre les violences policières à Pantin.

dimanche 24 janvier 2016

Rachide Boubala, outrages, rébellion, emmerdements : histoire d’une déshumanisation carcérale

Rachide Boubala n’a jamais tué personne, ni même versé une goutte de sang. Entré en prison à l’âge de 19 ans pour un simple braquage, il y est toujours 20 ans plus tard, et a connu 93 déménagements carcéraux.
Son crime ? S’être révolté, d’une façon obsessionnelle, avoir emmerdé (au propre et au figuré) les matons et l’administration pénitentiaire, s’être laisse broyer par l’engrenage. Ses délits ? Essentiellement des outrages (l’outrage coûte très cher lorsque l’on est détenu…), des injures, des actes de rebellion, des agressions de matons, des envois d’excréments… Et une condamnation très lourde (8 ans) pour une prise d’otage d’un gardien en décembre 2013 à la prison de Fresnay-sur-Sarthe. Initialement prévue en 1999, sa date de sortie est désormais fixée à 2037.
Le journal L’Envolée avait fait état du cas de ce prisonnier hors-normes. Voici maintenant un portrait saisissant paru sur le site FranceTVInfo.

samedi 23 janvier 2016

Le policier responsable de la mort d’Amine Bentounsi et qui avait été acquitté sera rejugé

Portrait de D. Saboundjian (croquis Elisabeth de Pourquery)
Damien Saboundjian, le policier responsable de la mort d’Amine Bentounsi et qui avait été acquitté sera rejugé, suite à l’appel du Parquet de Bobigny.
Lire sur le Courrier de l’Atlas.

vendredi 22 janvier 2016

Sarkozy regrette son "Casse-toi pov’con!" Historique de l'insulte qui a conduit à l’abrogation du délit d’offense au chef de l’État


Dans son livre "La France pour la vie", Nicolas Sarkozy déclare, à propos de l’insulte Casse-toi pov’con ! adressée à un homme dont on sait juste qu’il se prénomme Albert en février 2008 au salon de l’Agriculture : "Ce fut un erreur, car il avait le droit de penser ce qu’il disait, même s’il n’avait pas à me le dire ainsi. Mais en lui répondant, je me suis mis à son niveau. Ce fut une bêtise que je regrette encore aujourd'hui. En agissant ainsi, j'ai abaissé la fonction présidentielle."
C'est l'occasion de faire un rapide historique sur les "péripéties" qui ont conduit la France à abroger le délit d’offense au président de la République, en juillet 2013, grâce à l’un de cofondateurs du CODEDO, Hervé Eon, à son avocate Dominique Noguères et à… Nicolas Sarkozy.


23 février 2008. Salon de l'Agriculture. Nicolas Sarkozy lance à un visiteur qui refuse de lui serrer la main : « Casse-toi pov’ con! »
28 août 2008. Visite de Sarkozy à Laval. Hervé Éon brandit une pancarte CASSE-TOI POV’ CON!  Plainte du procureur de la République Alex Perrin. La justice le condamne à 30 € d’amende avec sursis. La cour d’appel d’Angers confirme le verdict. L’affaire est portée devant la Cour européenne des droits de l’homme, qui demande à la France de fournir des explications pour septembre 2011. Cela conduira à l'abrogation, le 23 juillet 2013, du délit d’offense au chef de l’État.
Juillet 2008. Procès de Maria Vuillet (poursuivie pour outrage par le sous-préfet d’Ile-de-France, relaxée). Création du CODEDO (Collectif pour une dépénalisation du délit d’outrage). Lancement d’une pétition demandant la dépénalisation du délit d’outrage et l’abrogation du délit d’offense au président de la République.
19 novembre 2008. Le sénateur Jean-Luc Mélenchon dépose une proposition de loi visant à abroger le délit d’offense au président de la République.
3 juillet 2009Patrick Levieux, poursuivi (pour tapage diurne) pour avoir crié SARKOZY, JE TE VOIS ! dans la gare Saint-Charles de Marseille lors d’un contrôle d’identité « musclé », est relaxé par le tribunal. Il explique ici comment il a médiatisé son geste en utilisant les ficelles du « story-telling ».
UNE JUSTICE A GEOMETRIE VARIABLE
28 janvier 2010. À l’invitation d’un mystérieux Fernand Buron prétendant être le « pov’con » du salon de l’Agriculture, 10 personnes se retrouvent devant l’Élysée pour souhaiter l’anniversaire du président. L’un d’eux, Jean-Jacques Reboux, brandit une pancarte CASSE-TOI POV’CON ! et une autre SARKOZY JE TE VOIS TROP. Il est interpellé et mis en garde à vue pour outrage au président de la République. Le parquet classe l’affaire en août 2010, estimant que « l’examen de la procédure n’a pas permis de caractériser suffisamment l’infraction » (alors qu'il s'agissait exactement de la même infraction que Hervé Éon, constatée, qui plus est, sous les fenêtres de la présidence).

15 février 2010. Remise à l’Élysée, à la Chancellerie et au ministère de l’Intérieur d’une pétition, signée par 20.000 personnes, demandant  la dépénalisation du délit d’outrage et l’abrogation du délit d’offense au président de la République.
1er février 2011. Un professeur du lycée français du Caire manifestant son soutien au peuple égyptien avec une banderole CASSE-TOI POV’CON! est rapatrié en France à la demande du ministère des Affaires étrangères. Il ne sera pas poursuivi pour offense à chef d’État étranger, le délit ayant été abrogé en mars 2004.
14 février 2011. Undépêche de l’AFP annonce la parution de Casse-toi pov’ con!, le livre-interview du « pov’con » du salon de l’Agriculture, Fernand Buron. Une seconde dépêche affirmera le lendemain qu’il s’agit peut-être d’un canular (ce qui ne change strictement rien à la problématique et au sens profond de la démarche…).
LES POV’CONS SE REBIFFENT
19 février 2011. Salon de l'Agriculture de Paris. Un visiteur crie «Casse-toi pov’con! » à Nicolas Sarkozy, qui s’apprête à quitter le salon après avoir participé à une table ronde avec des syndicats agricoles. Interpellé par les services de sécurité, il est placé en garde à vue pendant 6 heures et convoqué devant le tribunal correctionnel de Paris en avril, pour outrage au président de la République.

23 février 2011. 55 personnes se réunissent à proximité de l’Élysée, avec l’autorisation de la préfecture de police, pour un apéro Casse-toi pov’con! [vidéo sur La Télé Libreen compagnie d’un homme qui prétend être Fernand Buron. Au cours de cette manifestation, des pancartes CASSE-TOI POV’CON! et SARKZOY DÉGAGE! sont brandies. Aucun des manifestants n’a été interpellé ni poursuivi. L’auteur du livrCasse-toi pov’conpas plus que son éditeur, n’ont à ce jour fait l’objet de poursuites pour offense au président de la République.
5 avril 2011. Procès du visiteur ayant crié Casse-toi pov’con ! à Sarkozy (relaxé en mai). Cette affaire n’a pas été médiatisée par le CODEDO, à la demande de l’intéressé qui craignait des mesures de rétorsion de la part du député-maire d’Étampes (ami de Sarkozy), recordman de France de l’absentéisme parlementaire Franck Marlin.
30 juin 2011. Lors d'une visite de Sarkozy à Brax (Lot-et-Garonne), Hermann Fuster déjoue la vigilance des services de sécurité et agresse physiquement le président. Il sera condamné à 6 mois de prison avec sursis.

23 juillet 2013. Le Parlement français abroge le délit d’offense au chef de l’État, suite à la plainte déposée par Hervé Eon auprès de la Cour européenne des droits de l’Homme, qui exigera de la France qu’elle se débarrasse de ce délit.
LES "REGRETS" D’UN PRÉSIDENT (TRÈS) MAL ÉLEVÉ
25 janvier 2016Dans son livre "La France pour la vie", Nicolas Sarkozy déclare, à propos du Casse-toi pov’con !  : "Ce fut un erreur, car il avait le droit de penser ce qu’il disait, même s’il n’avait pas à me le dire ainsi. Mais en lui répondant, je me suis mis à son niveau. Ce fut une bêtise que je regrette encore aujourd'hui. En agissant ainsi, j'ai abaissé la fonction présidentielle."

samedi 16 janvier 2016

Acquittement pour le policier ayant tué d’une balle dans le dos Amine Bentounsi

Amine Bentounsi
La cour d’Assises de Bobigny a prononcé l’acquittement de Damien Saboundjian, le policier qui avait tué Amine Bentousni d'une balle dans le dos en avril 2012 (résumé ci-dessous). Alors que le déroulement du procès laissait espérer un verdict "juste" (un collègue de Saboundjian a avoué avoir menti pour protéger son collègue, ce qui infirmait la thèse de la légitime défense, et l’avocat général avait requis 5 ans de prison avec sursis),  l'annonce de ce verdict, rendu dans une salle comble, a provoqué l'indignation et la colère de la famille de la victime. Vidéo ici.
Abdellatif et Amal Bentounsi, père et sœur d'Amine
L’Humanité raconte comment, à la fin de l’audience, Amal Bentounsi, la sœur de la victime, qui s’est battue pour la tenue de ce procès, s’approche de l’avocat général, les larmes aux yeux : "Je voulais vous remercier, Monsieur, vous avez essayé…" Visiblement ému, celui-ci répond : "Je commençais à y croire, moi aussi. Je suis désolée, Madame." L’avocat général a annoncé qu’il allait demander au parquet de faire appel.
Le sentiment d’écœurement qui ressort de ce verdict est remarquablement résumé par le témoignage émouvant, sur sa page Facebook, de Nadir Dendoune, journaliste au Courrier de l’Atlas.
La réaction de l’avocat de la partie civile, Michel Konitzsur i.TELE.

mercredi 13 janvier 2016

Bobigny. Un policier avoue à la barre qu'il a menti pour couvrir son collègue Damien Saboundjian, qui prétend avoir tiré sur Amine Bentounsi en état de légitime défense

Le 12 avril 2012, Amine Bentounsi, en cavale, poursuivi par des policiers, était tué d’une balle dans le dos par un policier, Damien Saboundjian, qui comparaît depuis le 11 janvier devant la cour d’assises de Bobigny, répondant du chef d’accusation "d’avoir donné la mort sans intention de la donner". Le policier, comme toujours dans pareil cas, invoque la légitime défense. Les syndicats policiers, comme toujours – et en particulier le très droitier syndicat Alliance – viennent au secours de leur collègue, à coups de mensonges souvent grossiers.
Hier, alors que ce procès intervient dans un climat délétère, sur fond d’état d’urgence, de lois d’exception réduisant la liberté d'expression, et de pouvoirs toujours plus grands attribués aux policiers et leur attribuant systématiquement le bénéfice de la légitime défense,  il s’est pourtant passé quelque chose d’inédit lors de l’audience, qui pourrait bien constituer une date importante dans la trop longue histoire des violences policières impunies et la mansuétude de la justice vis-à-vis des policiers incriminés * et relancer le débat sur l’usage des armes par les forces de l’ordre. Hier, donc, mardi 12 janvier 2016, l’un des collègues du policier a craqué à la barre et a avoué qu’il avait menti pour couvrir son collègue, comme le relatent Le Parisien et Mediapart.

Il convient de rappeler que cela n’aurait sans doute pas été rendu possible sans le combat acharné d’Amal Bentounsi, la sœur d’Amine, au sein du collectif Urgence, notre police assassine en toute impunité, pour faire éclater la vérité sur cette énième mort par un membre des "forces de l’ordre", le plus souvent à caractère raciste. Amal Bentounsi, qui avait organisé le 31 octobre 2015 à Barbès, une marche des femmes contre les violences policières et le "racisme d’État", évoquait sur I.tele, un "homicide volontaire".
Amal Bentounsin, qui, dans l’entretien avec le site Les mots sont importants.net, conclut par ces mots : "Il faut créer un véritable rapport de forces. Les victimes de violences policières ont besoin d’être soutenues parce que l’injustice crée des monstres. Ce combat est une forme de thérapie : nous sommes presque d’utilité publique."

* On rappellera ici l’attitude fort magnanime envers les policiers violents de Mme Brigitte Lamy, procureure de la République de Nantes, qui classa sans suite la plainte de six manifestants gravement blessés par des policiers lors d’une manifestation contre l’aéroport Notre-Dame-des-Lances, en février 2014, mais qui, n’écoutant que son courage, n’hésita pas à poursuivre pour "injures publiques" un écrivain blogueur, co-fondateur du CODEDO, qui avait justement dénoncé cette attitude.

mardi 5 janvier 2016

Michel Ratombozafy, victime de violences policières, poursuivi pour outrage aux Sables d'Olonne : "Ce policier avait vraiment la haine dans les yeux »

La photo de son visage tuméfié et ensanglanté est impressionnante. Michel Ratombozafy dit être encore sous le choc de ce qui lui est arrivé dans la nuit de samedi à dimanche. Comme beaucoup de monde ce soir-là, le jeune homme de 19 ans se trouvait avec des amis dans un bar situé au port des Sables d’Olonne. Vers une heure du matin, un ami à lui est interpellé par une patrouille de police juste en face du bar… La suite de cette histoire, qui rappelle la terrible affaire Jérémie, qui se déroula en 2003 à Villepinte (Seine-Saint-Denis), est racontée par le Bondy Blog.
Michel Ratombozafy sera, comme de bien entendu, poursuivi pour outrage par des policiers qui sont allés jusqu’à appeler le domicile familial pour demander la suppression d’une page Facebook dans laquelle une amie de Michel lançait un appel à témoins, avec la photo du jeune homme ensanglanté, en le menaçant de l’embarquer une nouvelle fois…

mercredi 30 décembre 2015

Pantin enrage contre les "cow-boys". L'avocat de Zahra Kraiker évoque un "racisme d’État"

Depuis quatre jours, Zahra Kraiker « ne dort plus », « ne mange plus ». « Ma dignité en a pris un coup », raconte cette femme de 45 ans, habitante de Pantin (Seine-Saint-Denis). Samedi, en fin d’après-midi, elle a été victime d’une «agression policière» à deux pas de son immeuble. [Cette affaire est évoquée ci-dessous.]