lundi 24 juillet 2017

Assa Traoré à "Basta !" : "La France a besoin d'une belle révolution"

Il y a un an, le 19 juillet 2016, Adama Traoré décédait lors de son interpellation par la gendarmerie. Depuis, sa famille, ses amis et leurs soutiens se mobilisent pour établir la vérité et obtenir justice, malgré la violence des attaques dont ils font l’objet. Leur combat rassemble bien au delà de Beaumont-sur-Oise (Val d’Oise), devenant un symbole de la lutte contre les violences policières et, au delà, contre un ordre social inégalitaire et oppressif. Dans un entretien avec Thomas Clerget sur le site BastamagAssa Traoré, l’une des sœurs d’Adama, revient sur cette lutte, sur la nécessité d’organisation des quartiers populaires, ou encore sur les rapports entre l’État et la jeunesse du pays.

mercredi 12 juillet 2017

Pétition pour la suppression du défilé militaire du 14 juillet

Dessin de André Claudot
"Le jour du 14 juillet
Je reste dans mon lit douillet
La musique qui marche au pas
Cela ne me regarde pas."
Georges Brassens

Pour signer cette pétition contre l'obscène défilé militaire du 14 juillet (cette année en présence de Donald Trump), lancée à l'initiative d'Alain Refalo, citoyen de Colomiers, cliquez ici.

mercredi 5 juillet 2017

La contre-expertise qui confirme la mort par asphyxie d’Adama Traoré et les mensonges du procureur Jannier

Les résultats de la contre-expertise demandée par la famille Traoré viennent de tomber, nous annonce Le Parisien, contredisant l’affirmation de Yves Jannier, procureur de la République de Pontoise au moment des faits,  selon laquelle Adama Traoré, mort le 19 juillet 2016 lors de son interpellation par les gendarmes à Beaumont-sur-Oise (Val d’Oise) « souffrait d'une infection grave ».
« L’ensemble de ces contestations permet de conclure que la mort de M. Adama Traoré est secondaire à un état asphyxique aigu, lié à la décompensation – à l’occasion d’un effort et de stress », observent les deux experts dans leurs conclusions.
Le procureur Jannier, qui avait avancé une « absence de traces de violences », a donc menti. La famille Traoré pourrait saisir le Conseil de la Magistrature afin qu’Yves Jannier, nommé depuis avocat général près de la Cour d'appel de Paris, soit sanctionné pour ses déclarations contraires à la vérité, destinées à couvrir les mensonges des gendarmes responsables du décès d'Adama Traoré.
Yves Jannier, le magistrat qui ment pour couvrir les gendarmes
On lira avec intérêt ce papier ironique de Franck Johannès dans Le Monde, à l’époque de la nomination du procureur Jannier à Pontoise, en octobre 2012. Dans son article, le journaliste rappelle les propos tenus sur son blog par un autre journaliste taxant Yves Jannier de « "fidèle" serviteur de la Chancellerie, réputé pour estimer le plus souvent qu'il est urgent de ne rien faire ». Et dont la probité ne semble pas être le souci cardinal, comme le rappelle ce blog sur Mediapart à propos d’une autre affaire, datant de 2013.

jeudi 8 juin 2017

Rencontre-débat avec Assa Traoré à la librairie Résistances


Jeudi 8 juin, à 19h, Assa Traoré présentera l'ouvrage Lettre à Adama (Seuil), co-écrit avec Elsa Vigoureux, à la librairie Résistances, 4, villa Compoint 75017 Paris (Métro Guy Môquet).
Une nouvelle occasion de revenir sur 10 mois de lutte pour la Justice et la Vérité pour Adama. Les bénéfices des ventes permettront de faire face aux frais de justice et aux procédures.

Amal Bentounsi arrêtée et placée en garde à vue pour diffusion d'images de policiers à Meaux

Pour avoir filmé, mercredi 7 juin, l'intervention des "forces de l'ordre" (dont on mesurera la bestialité dans cette courte vidéo) dans le quartier de La Pierre-Collinet, à Meaux, Amal Bentounsi a été mise en garde à vue. Motif invoqué par les policiers : rébellion.
Le récit détaillé (ainsi que les dialogues hallucinants avec les policiers) sur le Bondy Blog.
Un rassemblement était prévu jeudi 8 juin à 18h devant le commissariat de Meaux, pour exiger sa libération. Amal Bentounsi a été libérée en début d'après-midi, sans qu'aucune poursuite ait été engagée contre elle.

lundi 29 mai 2017

"Monsieur Flashball", Patrick Strzoda promu directeur de cabinet d'Emmanuel Macron


Patrice Strzoda, 64 ans, énarque, ce préfet de la région Bretagne de juin 2013 à mai 2016, où les manifestations contre la loi El Khomery ont été sévèrement réprimées (un étudiant rennais avait notamment perdu un œil à cause d'un tir de flash-ball), a été nommé directeur de cabinet d'Emmanuel Macron. Il avait auparavant suivi Bernard Cazeneuve à l'Hôtel Matignon, avant d'être nommé préfet de la région Ile-de-France.

Dans l'Humanité.fr, Marianne Mauriaucourt s'entretient avec Jeanne, co-responsable des Jeunes communistes de Rennes.

"En 10 ans, 47 décès liés aux violences policières, aucun fonctionnaire en prison", une enquête de Streetpress


En dix ans, 47 hommes désarmés sont morts en France à la suite d'une intervention musclée des forces de l'ordre. Street-Press a enquêté sur ces 47 dossiers pour un résultat accablant : aucun policier ou gendarme impliqué n'a jamais fini en prison.

Une galerie de portraits interactive pour les recenser et les raconter, réalisée par Maxime Grimbet.

"Les vies dignes d'être pleurées", à propos de l'interview d'Assa Traoré par Léa Salamé sur France Inter


"Ce que Léa Salamé demande, avec sa question qui prend un air responsable, c'est si la mort d'Adama Traoré est réellement un crime et si elle mérite d'être pleurée."
À propos de l’interview d'Assa Traoré par Léa Salamé sur France Inter, un article de Judith Butler.

samedi 11 mars 2017

[copinage] 23-24 mars, théâtre de Ménilmontant, "Mise en boîte", une pièce de Inès Anane


"J'en ai tellement marre des cases, casiers, boîtes, camps, cellules, que j'ai écrit une pièce de théâtre qui raconte l'histoire d'un mec qui rêve de liberté dans cette putain de société où tout nous enferme. Cette pièce de théâtre c'est l'histoire de mes potes détenu.e.s, de mon frère mais aussi de mon cousin assassiné en 2008 par un gendarme, et de tous les miens qui essaient de survivre tant bien que mal face aux violences d'État. Nous serons 10 sur scène et on vous attend nombreux."

Zef rêve de liberté dans une société où il se sent enfermé de toute part. Ses allers-retours en prison l'empêchent d'avoir une vie stable. Malgré sa volonté de sortir de cette spirale infernale, la violence étatique le rattrape à chaque fois.

Mise en boîte, de Inès Anane. Théâtre de Ménilmontant, 15 rue du Retrait 75020 Paris, 23 et 24 mars.

Pas de légitime défense pour le policier ayant tué Amine Bentounsi d'une balle dans le dos, condamné en appel à cinq ans de prison avec sursis

Après plus de six heures de délibérations, les jurés de la cour d'Assises de Paris ont rendu leur verdict et rejeté la légitime défense. Acquitté en première instance, Damien Saboundjian, le policier qui a tué d'une balle dans le dos Amine Bentounsi, a été condamné en appel à cinq ans de prison avec sursis et suspension du port d'armes pour "violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner".
Compte-rendu du procès dans le Monde.
Dans le Courrier de l'Atlas, Nadir Dendoune fait remarquer que, contrairement au procès en première instance à Bobigny, où ils étaient pléthore (et très agressifs), les policiers venus soutenir leur collègue étaient cette fois peu nombreux.

La réaction d'Amal Bentounsi, sœur d'Amine, après le verdict, qui égrène le nom des vingt dernières personnes tuées par la police, la plupart Noirs ou Arabes, et appelle à la marche du dimanche 19 mars contre le racisme et les violences policières.
Témoignages d'Amal Bentounsi et d'Omar Slaouti, membre du collectif Vérité et Justice pour Ali Ziri, après le réquisitoire du procureur demandant 5 ans de prison avec sursis.

samedi 4 mars 2017

"Violences policières : dire non au permis de tuer", une tribune de Amal Bentounsi


Amal Bentounsi, la sœur d'Amine Bentousi, tué en 2012 par un policier, Damien Saboudjian, relaxé en première instance, et dont le procès en appel (suite à l'appel du Parquet), aura lieu à Paris du 6 au 9 mars 2017, publie dans Libération une tribune : "Violences policières : dire non au permis de tuer !"

Elle appelle à une marche le dimanche 19 mars pour protester contre les violences policières.

Relire son interview publiée en octobre 2016 sur le Bondy Blog.

jeudi 23 février 2017

Jeudi 2 mars, université de Nanterre, journée en soutien à Antonin, étudiant en sociologie en détention provisoire depuis 9 mois

Jeudi 2 mars, de 10 h à 17h30, Université de Paris-Nanterre, salle E01, bâtiment E, journée organisée par des enseignants du département de sociologie et le groupe étudiants "Libérons Antonin", sur le thème Conflits sociaux en État d'urgence : regards croisés sur la justice, la police et la prison.
Cette journée est organisée en soutien à Antonin Bernanos, 22 ans, poursuivi pour "tentative d'homicide" dans l'affaire de la voiture incendiée quai de Valmy le 18 mai 2016, et maintenu depuis 9 mois en détention provisoire sur la base d'un témoignage pour le moins douteux.
Rappelons que le 12 décembre 2016, le Conseil d'administration de l'Université de Paris-Nanterre a adopté à l'unanimité une motion demandant la libération d'Antonin.

dimanche 19 février 2017

Décès de Roger Knobelspiess, le « voleur de poules »


Nous apprenons le décès de Roger Knobelspiess, trois semaines après le décès de son avocat Thierry Lévyqu'il commentait ainsi : "Thierry Lévy est mort, le fil de son envol… Sa voix, une grande clameur résonnait dans les prétoires d'assises.... Il démêlait tous les mécanismes tordus du système judiciaire et il a fait des milliers de kilomètres pour venir me voir au parloir. Dans tous mes procès d'assises, il était à mes côtés, redoutable ! Compagnon humain, que ton voyage soit beau… La justice perd une de ses plus grandes vagues de liberté."
Roger Knobelspiess avait passé 26 ans dans les geôles françaises et écrit de nombreux livres sur la "condition carcérale", qui firent grand bruit à l'époque où de nombreux artistes et intellectuels le soutinrent dans son combat. Parmi ces livres, QHS, quartier de haute sécurité (préfacé par Michel Foucault), Lettres de prison et L'acharnement, ou la volonté d'erreur judiciaire, mais aussi des récits autobiographiques et des romans, tels que Voleur de poules, Le roman des écameaux et Le huitième évadé.

vendredi 17 février 2017

La « loi de sécurité publique » aggrave certaines sanctions liées aux délits d'outrage et de rébellion

Comme le rappelle Nantes Révoltée, c'est dans une indifférence quasi-générale, et un parlement vide à 90%, que vient d'être votée une des lois les plus importantes (et les plus scélérates) du quinquennat Hollande. Alors qu'à Bobigny, Barbès, Nantes et ailleurs, la police réprime avec une extrême violence des manifestants révoltés par le viol de Théo, 34 députés (sur 577), 5 votes contre, 1 abstention), dont la liste figure ici, ont adopté le 15 février 2016 la « loi de sécurité publique ». Le texte est consultable ici.

Concernant le délit d'outrage, réprimé par les articles 433-5 et 433-5-1 (dans le cadre spécifique des manifestations) du Code pénal, et le délit de rébellion, réprimé par les articles 433-6, 433-7, 433-8, 433-9 et 433-10, on ne constate aucune aggravation des sanctions. En revanche, est modifié l'article 433-3 du Code pénal réprimant les menaces et actes d'intimidation commis contre les personnes exerçant une fonction publique (en lien étroit avec le délit d'outrage puisqu'il s'applique aux personnes susceptibles d'être poursuivies pour outrage et rébellion), la peine est aggravée, passant de deux à trois ans d'emprisonnement, et de 30.000 à 45.000 euros d'amende.

jeudi 16 février 2017

« Et si on admettait qu'il arrive aux policiers de mentir ? » Une tribune de l'avocate Laure Heinich

Pour Laure Heinich, avocate au barreau de Paris, la justice doit reconnaître qu'il arrive aux policiers de mentir, y compris sous serment.
On rappellera que dans les procès pour outrage, ils mentent systématiquement, avec un aplomb étonnant.
Tribune publiée à l'occasion de "l'affaire Théo" sur le site de l'Obs.

mercredi 15 février 2017

Rassemblement pour Théo et toutes les victimes de la police, jeudi 15 février, 18h, métro Barbès

Ça se passe aujourd'hui à 18 heures, au métro Barbès, Paris 18e.
Plus d'infos sur Paris-Luttes.Info.

« Affaire Théo » : les violences et sévices sexuels perpétrés par des policiers sont-ils exceptionnels ?

Le « viol avec matraque » dont est accusé un policier d'Aulnay-sous-Bois sur Théo L., a suscité la réprobation de toute la classe politique, mise à part l’extrême-droite. Si elles demeurent rares, les violences avec sévices sexuels perpétrées par des policiers ne sont malheureusement pas exceptionnelles. La France a déjà été condamnée à deux reprises par la Cour européenne des droits de l’homme pour de tels faits. Un policier, accusé d’avoir commis des violences similaires à Drancy, sera jugé le 20 février. D’autres affaires pour « agression sexuelle aggravée » perpétrée lors de contrôle au faciès sont en cours d’instruction. D’où viennent ces pratiques ?
La suite de cette remarquable enquête de Warda Mohamed à lire dans Basta !

Appel des artistes contre l'impunité des violences policières / Cagnotte pour la famille d'Adama Traoré

Sept mois après la mort d'Adama Traoré, le site Quartier XXI publie un appel des artistes contre l'impunité des violences policières, rédigé avant l'horreur de l'arrestation et du viol de Théo Luhaka à Aulnay-sous-Bois.
On peut juste regretter qu'il ne soit aucunement fait allusion à la nécessaire suppression du délit d'outrage, sans laquelle toute lutte contre les violences policières reste vaine.
Pour signer l'appel : ensemblepouradama@gmail.com

Par ailleurs, on peut aider financièrement la famille d'Adama Traoré, qui fait face à de grandes difficultés, suite aux poursuites engagées contre Assa, la sœur d'Adama, et ses deux frères, Bagui et Youssouf.  La cagnotte est ici.