dimanche 20 octobre 2019

Castaner Macronus Enucleator 2019, fiction

En 2007 paraissait aux éditions Privé La France d’après, un recueil collectif, dans lequel 17 écrivains devaient imaginer une uchronie se déroulant dans une France dont Sarkozy serait le président de la République. Ce qui fut fait.

Dans l’une des nouvelles, T’as de la chance qu’il soit pas président !, J.-J. Reboux, tenancier du présent site depuis maintenant onze ans, s’inspirant d’une histoire vécue (à l’origine indirecte de la création du CODEDO) racontait la rencontre d’un cycliste avec un groupe de flics quelque peu nazillons.
Cette pure (et terrible) fiction étant devenue monnaie courante sous le règne de Hollande, et encore plus celui de Macron, avec la terrifiante répression d‘État du mouvement des Gilets places et son cortège d‘énucléés, de gazés, de démembrés, d'estropiés, etc., l’auteur vient d’en livrer une nouvelle version… si l’on peut dire, puisque seul le titre a été modifié. T’as de la chance qu’il soit pas président ! est devenu Tu n’as rien vu sous Sarkozy. Ce qui peut se traduire dans la langue de Cicéron par Castaner, Macronus Enucleator.

Procès de Gaspard Glanz : quand les avocats des prévenus ne soulèvent pas l’argument imparable de la non-publicité du délit d’outrage

Gaspard Glanz, journaliste à Taranis News, bête noire des policiers, était jugé pour outrage pour avoir adressé un doigt d'honneur à un policier lors d'une manifestation des Gilets jaunes le samedi 20 avril 2019, lors de l’acte 23 des Gilets jaunes.

Compte-rendu sur Libération, qui oublie de préciser – ce que semble également ignorer l'avocate du journaliste, Me noha Pascual – que le délit d’outrage est obligatoirement caractérisé par des paroles ou des gestes non publics. Ce qui n’est évidemment pas le cas dans cette affaire… De plus en plus de personnes, notamment des Gilets jaunes, sont condamnées pour outrage sans que leur avocat ne soulève cet argument imparable, qui avait notamment été mis avant par Eric Dupont-Moretti, avocat de Henri Guaino, dans le procès qui opposait ce dernier au juge Jean-Michel Gentil, en octobre 2014.

mardi 17 septembre 2019

Pour la justice, il est légitime de décrocher le portrait de Macron des mairies

Le juge unique de la 7e chambre correctionnelle du tribunal de Lyon a relaxé, lundi, les deux auteurs du vol de la photo officielle du président, en appliquant « l’état de nécessité » – une notion juridique rarissime. Dans sa décision, le juge Marc-Emmanuel Gounot a estimé que « le décrochage de ce portrait doit être interprété comme le substitut nécessaire du dialogue impraticable entre le président de la République et le peuple ».

À lire sur Libération.

Envoyés en prison comme 440 autres Gilets jaunes, ils racontent


Selon le ministère de la Justice, « environ 440 » Gilets jaunes ont été incarcérés. Fouilles à nu, absence d’intimité et solidarité entre détenus : Stéphane, Anaël, Maria et Antoine racontent leurs séjours en cabane…
Tandis que certains pleurent l’incarcération de Balkany, au motif que la prison, c’est pas bien, un article édifiant sur la répression féroce du mouvement des Gilets jaunes par le pouvoir et ses laquais les magistrats, à lire sur Streetpress.com.

Pierre Sennès, ou la folie répressive d’un magistrat qui poursuit des porteurs de homard en carton-pâte pour “association de malfaiteurs”

L’affaire est relatée par Nantes Révoltée, et soigneusement ignorée par les médias.
Pierre Sennès, procureur de la République à Nantes, n’a rien à envier à Brigitte Lamy, qu’il remplaça en 2016, et dont il fut écrit qu’elle estimait que la police avait le droit de crever les yeux des manifestants.
Il vient de mener rondement une enquête, dans laquelle trois gaillards porteurs d’un homard géant en carton-pâte lors d’une manifestation qui se tint le 14 septembre à Nantes, ont été maintenus en garde à vue pendant 52 heures et accusés d’association de malfaiteurs.
Folie répressive pathologique ? Obsession infantile des Pieds Nickelés (dont il aurait été privé pendant sa jeunesse par une maman intraitable) ? Les historiens des années Gilets jaunes auront à cœur de répondre à cette question.

vendredi 6 septembre 2019

Montauban. Quand la justice condamne des Gilets jaunes pour des outrages qui n’en sont pas, au regard de la loi, car ils sont “publics”


Vendredi 6 septembre se tenait à Montauban le procès d’André Roth, retraité de 69 ans. Ce Gilet jaune était poursuivi pour outrage pour avoir placardé à l’arrière de sa camionnette, le 22 avril à Caussade, le slogan “Flic suicidé à moitié pardonné”Comme le rappelle La Dépêche, ce procès s’est tenu sous haute tension, en présence de 200 policiers manifestant contre les propos outranciers du Gilet jaune.
Verdict du tribunal : 4 mois de prison avec sursis, 1.000 euros de dommages-intérêts à verser au syndicat d’extrême droite Alliance, partie civile au procès. (On rappellera que les frais de partie civile des policiers sont systématiquement pris en charge par la préfecture.)
Ce verdict ahurissant rappelle celui rendu dans le procès d’un Gilet jaune de 37 ans condamné en mai 2019, suite à une plainte du préfet, pour avoir écrit sur la page Facebook du groupe Gilets jaunes de Montauban “Il commence à me casser les couilles, ce préfet de merde !”, à quatre mois de prison avec sursis, toujours pour outrage, par le même tribunal de Montauban.
On rappellera aux magistrats de Montauban (et aux avocats des Gilets jaunes poursuivis) que le délit d’outrage est caractérisé par des gestes ou paroles non publics. Ce qui n’est, précisément, pas le cas dans ces deux affaires, qui sont loin d’être isolées en France depuis la révolte des Gilets jaunes et la répression aveugle qui l‘accompagne, avec le concours de magistrats qui détournent sans vergogne la loi qu'il sont censés faire appliquer.
Il existe (au moins) une jurisprudence sur ce sujet. En novembre 2016, la cour de cassation avait annulé la condamnation de Henri Guaino pour outrage à magistrat, dans l'affaire qui l'opposait au juge Jean-Michel Gentil.

mardi 13 août 2019

Antonin Bernanos, prisonnier politique ; Charles Prats, magistrat impartial et revanchard

Le présent papier reprend un article paru sur le site Nantes Révoltée.

Antonin Bernanos, 24 ans, subit une véritable persécution judiciaire. Le jeune militant parisien est sous les verrous depuis le mois d'avril. Sans preuve, ni procès, ni même élément à charge. Placé à l'isolement, dans une situation incertaine, il traverse, avec ses proches, un véritable cauchemar. Son seul crime ? S'opposer à l'extrême droite, et participer aux manifestations. Retour sur une affaire gravissime.

LES FAITS

Le 15 avril 2019, une bande de néo-nazis – baptisée « Zouaves Paris », se revendiquant ouvertement du Reich et du fascisme italien – parade en plein Paris. Une bagarre éclate, et deux néo-nazis sont malmenés. L'un d'eux se fait voler une chaussure Stan Smith bleu blanc rouge. Cette altercation plutôt anodine se transforme en tourmente judiciaire. Devinez qui est arrêté, enfermé et interrogé ? Ceux qui se sont opposés aux néo-nazis. Aucun militant d'extrême droite ne sera inquiété à un seul instant pour cette bagarre. La police et la justice se rangent immédiatement du côté de l'extrême droite. Une plainte est déposé. Antonin est accusé d'avoir donné un coup par un néo-nazi. Il est envoyé illico derrière les barreaux. Sans procès. Pourtant, la « rixe » a été filmée par les caméras de vidéosurveillance. Selon la police, Antonin n'est pas présent sur les images. Il reste pourtant en prison, présumé innocent. Sur demande du procureur et d'un juge très spécial. L'enfermement du militant est donc, évidemment, politique.

JUGE D’EXTRÊME DROITE
Charles Prats, magistrat
Le juge qui doit statuer, un mois plus tard, sur la remise en liberté d'Antonin, est un magistrat aux idées tranchées. Il s'appelle Charles Prats [vice-président chargé des libertés et de la détention au TGI de Paris]. Il s'oppose à toute libération du militant. Pour lui, « la détention est l’unique moyen d’empêcher une pression sur les témoins ou les victimes », et d’éviter « le renouvellement de l’infraction ». Ce juge est un militant d'extrême droite. Quelques mois plus tôt, il qualifiait ceux qui s'opposent aux fascisme, sur Twitter, de « nervis d’extrême gauche ». Une sortie droitière au milieu de nombreux autres messages haineux. Charles Prats est un habitué des médias. Il intervient régulièrement sur BFM mais aussi sur des sites d’extrême droite comme Boulevard Voltaire – fondé par le frontiste Robert Menard – ou TV Libertés, chaine liée au Front National. Dans son ordonnance de « rejet de la demande de mise en liberté » et de « placement en détention provisoire », Charles Prats se permet quelques commentaires inhabituels. « Les faits [...] ont été d’une rare violence, commis lâchement par une bande s’étant attaquée à une personne seule, selon le mode opératoire habituel des “antifas” ». Tout est faux. Mais de tels propos prouvent la partialité de ce juge. Son engagement militant du côté de l'extrême droite.


RÉPRESSION MÉDIATIQUE
Une bagarre. Un enfermement « préventif » sans preuve ni procès. Un juge d'extrême droite. Pourquoi un tel acharnement ? Un article sur le site d'Europe 1, le 2 aout, révèle les raisons sous jacentes. Selon la journaliste, les services de renseignements estiment que « s'il était libéré, Antonin Bernanos pourrait mener la mobilisation des antifascistes parisiens lors du G7 prévu à Biarritz à la fin du mois d'août ». L'article explique que « la décision de justice [au sujet de sa libération] est scrutée de près par les autorités, car le jeune homme est l’un des rares à pouvoir organiser la mobilisation ». Un récit totalement fantasmé. Mais les faits sont là : la police politique fait pression pour maintenir un opposant en prison. Et pour cela, elle diffuse des informations anxiogènes dans les médias aux ordres. 

Capture d’écran, compte Twitter de Charles Prats
ACHARNEMENT
En aout, après plusieurs mois de taule, un juge décide enfin de faire sortir Antonin sous bracelet électronique. Mais le parquet fait immédiatement appel, pour qu'il reste enfermé. Faux espoir, attente. Nouvelle audience : la réponse tombe le 12 aout. Antonin est maintenu en détention suite à l’appel du parquet, contre la décision de la juge des libertés. Il devra donc rester en cellule jusqu'en décembre prochain. Il aura donc fait 9 mois de prison ferme en « préventive ». Sans preuve. Sans jugement. Sans procès. Sur la base d'une accusation bidon d'un néo-nazi. Un cauchemar. 

ILLUSTRATION DU RÉGIME

L'affaire d'Antonin doit nous interpeller tous. Elle ne concerne pas seulement une famille, aujourd'hui dans le désarroi. Elle est la preuve que l'Etat français s'acharne à détruire les opposants. L'affaire d'Antonin s'inscrit dans une actualité particulièrement sombre. Celle d'un régime qui noie des fêtards dans la Loire. Qui envoie la police piétiner des grands mères, et mettre à genoux des lycéens. Qui mutile des Gilets Jaunes. Et qui incarcère un militant qui a eu le tort de s'opposer aux nostalgiques du IIIe Reich.

Lire également sur StreetPress : “Antonin Bernanos, prisonnier politique” (juillet 2019).
Lire dans L’Obs : “Nervis d’extrême gauche” : l'impartialité du juge qui maintient Antonin Bernanos en détention mise en cause.

mercredi 7 août 2019

Le préfet d’Harcourt poursuit Claude Sérillon en diffamation pour un tweet

Pour avoir écrit : “Une nuit à Nantes, parce que la musique était trop forte, un préfet de la République a décidé que la vie d’un homme pouvait être effacée”, l’ex-journaliste Claude Sérillon est poursuivi en diffamation par le préfet de Loire-Atlantique Claude d’Harcourt, dont on lira dans lundi.matin un édifiant portrait.

Si l'on ne peut qu’être solidaire de Claude Sérillon, on rappellera tout de même que celui-ci étant moins regardant à propos des violences policières à l'époque où il était le conseiller du président Hollande, sous le quinquennat duquel eut lieu une explosion des violences policières, notamment lors des manifestations contre la loi Travail.

Nantes, 3 août 2019, quand un flic étrangle un manifestant : la photo qui illustre la brutalité du régime Macron

Cette photo du photographe Bsaz, a été prise à Nantes le 3 août 2019, lors de la marche de solidarité avec Steve Maïa Caruço, noyé dans la Loire le 21 juin 2019 à la suite de la charge des CRS sous les ordres du préfet d’Harcourt et du commissaire Chassaing, sous l’autorité du ministre Castaner.
Bruno Kaïk, 51 ans, hospitalisé pendant 6 heures et mis en garde à vue, affirme qu'il a été étranglé par le policier, ce qu’indique assez clairement le cliché. Il a décidé de porter plainte contre « toute la chaîne de commandement, de l’officier de la BAC jusqu’au président de la République, qui est le chef des armées et a autorisé ces dérives ».

mercredi 31 juillet 2019

En 1961, la police française noie les Algériens dans la Seine En 2019, elle noie les fêtards dans la Loire

Longtemps, la police française, dont le savoir-faire en la matière n’est plus à prouver, tua sans discernement des gens pour le simple motif qu’ils étaient juifs, nègres, indigènes, métèques, bougnoules, selon des modes opératoires qui variaient avec les temps et les mœurs. Nos livres d’histoire sont remplis de ces cadavres.
On se souvient que le 17 octobre 1961, en pleine guerre d’Algérie, sous l’autorité du sinistre préfet de police Maurice Papon (qui partage avec l’actuel, Didier Lallement, le fait d’avoir fait ses premières armes dans la répression à Bordeaux), plusieurs centaines d’Algériens furent jetés dans la Seine – autrement dit, “noyés par balles”.
Avec le temps, la police française, à qui l’on ne saurait reprocher d’avoir de la suite dans les idées, continua à zigouiller impunément de l’Arabe, du Noir, du basané, le plus souvent dans la catégorie “jeunes rétifs des cités de banlieue”, avec de notables exceptions lorsqu’à Argenteuil en juin 2009, Ali Ziri, 69 ans, meurt étouffé dans un fourgon de police. Bon an, mal an, la police française, comme le rappela l’historien et ami Maurice Rasjfus, tue entre vingt et trente personnes. Ce qui la rend nettement moins efficace que la police états-unienne mais n’atténue en rien le scandale, doublé, pour les proches des victimes, d’une tragédie d’autant plus terrible que les affaires sont généralement classées sans suite par une justice aux ordres.
Les protestations, généralement, ne dépassent pas le cadre des familles et des associations de défense des droits humains. Dans une France où les violences policières sont un tabou majeur, on a d’autres chats à fouetter, et on a rarement vu un député s’en offusquer. On sait comment s’est terminé le procès des policiers responsables de la mort de Zied et Bouna : non-lieu. (Idem dans l’affaire Rémi Fraisse.) Le policier, on le voit  tous les jours avec le délit d’outrage, est au-dessus des lois. Ces dernières années, néanmoins, la mort de jeunes gens tués par les "forces de l’ordre” cristallise des révoltes de plus en plus enracinées, on l’a vu avec la mort d’Amine Bentounsi à Noisy-le-Sec en 2012, et surtout celle d’Adama Traoré à Beaumont-sur-Oise en 2006, dans ces deux cas, grâce au combat acharné des sœurs des victimes.
Avec la répression terrible des Gilets jaunes, un cap a été franchi, amorcé sous le quinquennat  Hollande – ne jamais oublier que c’est sous l’autorité suprême de ce pleutre qu’a démarré l’actuel cycle infernal des violences policières. Les flics, BAC, CRS, gardes mobiles, s’en donnent à cœur-joie, sous l’autorité mortifère de Castaner-Éborgnator, ce répugnant “Monsieur Plus” de la matraque. Si le châtiment suprême n’est pas devenu normalité – les flics se contentent pour le moment, en se pourléchant, de couper des mains, de crever des yeux, d’estropier, de tabasser, d’humilier, de déshumaniser –, on a pu néanmoins constater que la mort d’une vieille dame de 80 ans fauchée par une grenade sur son balcon à Marseille n’avait pas entamé la détermination de Macron et de son ministre de l’Intérieur aux mains couvertes de sang, ni évidemment celle des cohortes de magistrats couchés, tel ce procureur qui couvre un flic niçois pour faire plaisir à son Macron de président dans l’affaire Geneviève Legay, et autres chiens de garde de la niche préfectorale condamnant à la chaîne du Gilet jaune, le plus souvent pour le délit le plus inique et obsolète qui soit : l’outrage.
Mais malgré le niveau des exactions, nos pandores n’en ont jamais assez ! Casser la gueule au Gilet jaune ne leur suffisait plus ! Le LBD, la lacrymo ? C’est un peu dépassé, vous ne trouvez pas ? À présent, la police française tue des jeunes gens dont le seul tort est de faire la fête. Enfin, elle en a tué un, Steve, qui vient de passer 36 jours au fond de la Loire avant de trouver le repos de la sépulture. Steve Maia Caniço. 24 ans, animateur scolaire. Mais les ogres, on le sait, ont bon appétit, et si cette affaire abominable ne débouche pas sur un événement salutaire (la démission de Castaner, à tout le moins), il n’est pas interdit de penser que la prochaine fois, quelque chose de pire encore, s’il est possible d’imaginer pire que mourir noyé à cause d’une charge policière aux lacrymogènes, va nous tomber sur le coin de la figure !
Cela se passe, et ce n’est évidemment pas un hasard, à Nantes. Nantes, ville où le pouvoir, depuis une décennie de luttes contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, expérimente des méthodes de maintien de l’ordre de plus en plus violentes. Nantes, où une procureure de la République classait sans suite en 2014 les plaintes de quatre jeunes gens éborgnés. Nantes où sévissent un commissaire et un préfet obsédés par la répression. Dernière minute : selon un rapport de l’IGPN (Inpection générale de la police nationale) publié avant la découverte du corps de Steve, et qui épargne la police et charge la mairie, la noyade de Steve Caniço n’aurait rien à voir avec la violente charge de police ordonnée par le commissaire Grégoire Chassaing, version reprise sans vergogne à la télévision par le Premier ministre et son Premier flic.

mardi 30 juillet 2019

Un Gilet jaune condamné à 3 mois de prison ferme pour avoir outragé des policiers

Ça se passe en février 2019 et c'est à lire sur REBELLYON.info, qui recense d’autres cas de répression du mouvement des Gilets jaunes par Castaner/Lallemant/Strodza/Macron via le délit d’outrage.

mardi 30 avril 2019

Huit mois de prison avec sursis pour outrage pour avoir crié “Suicidez-vous !” à des policiers

Le délire de servitude des magistrats face au pouvoir macronien dans le cadre de la lutte des Gilets jaunes continue !
Un homme de 49 ans vient d’être condamné à huit mois de prison avec sursis et 180 heures de travail d’intérêt général avec obligation de trouver un travail. Il devra verser 500 euros à deux policiers qui ont porté plainte. Le délit : avoir crié “Suicidez-vous !” aux CRS lors de l’acte 23 des Gilets jaunes.
La suite sur le site de Libération.

lundi 29 avril 2019

Besançon : prison avec sursis requise contre trois Gilets jaunes pour outrage pour avoir crié ”Castaner assassin !”

L’utilisation du délit d’outrage à des fins politiques s’amplifie dans l’État-Macron. Après les poursuites engagées contre le journaliste Gaspard Glanz, qui sera jugé le 18 octobre pour avoir adressé un doigt d’honneur en direction des CRS, des magistrats de Besançon, tout à leur servitude zélée [ignorant manifestement que l’outrage ne peut concerner que des mots ou des gestes non publics], viennent de requérir des peines de prison avec sursis contre trois Gilets jaunes de Besançon poursuivis pour outrage  pour avoir crié “Castaner assassin !”  
Nous reprenons un texte publié sur la page Facebook de Martial Cavatz.

Regardez bien ces trois visages, ce sont ceux de la résistance à Besançon. Ces trois militants pacifiques ne se prétendent porte-parole de personne mais souhaitent juste pouvoir continuer à exercer leur droit de citoyen à manifester.

Il semble que c'en est trop pour la justice qui a décidé de s'acharner particulièrement sur eux. C'est vrai qu'ils sont dangereux, ils ne sont ni nazis, ni racistes, ni antisémites ni homophobes. Tout l'inverse de ce que nous raconte la propagande médiatique et gouvernementale, relayée avec une complaisance incroyable, par deux-trois prétendus antifascistes des réseaux sociaux dont l'absence de capacité à appréhender le réel relève plus de la psychiatrie que de l'erreur d'analyse politique.

Alors voilà, ces trois, ont osé crier "Castaner assassin" lors de sa venue à Besançon. Et puis c'est tout, il n'ont pas eu le temps d'en dire plus qu'ils furent immédiatement menottés et parti pour 24h de garde à vue. La bonne société est choquée, pas qu'on arrête des gens pour des mots anodins comme on en entend dans toutes les manifs mais qu'ils aient osé dire des choses si méchante à un ministre, enfin... Cette bonne société qui se proclamait Charlie, il y a quelques années encore, n'aime la subversion que lorsqu'elle est emballée dans des cercueils qu'on appelle Pléiade. Les braves gens n'aiment pas qu'on manifeste même qu'un petit peu...
Aujourd'hui, ils comparaissaient tous trois, bien entourés de nombreux soutiens. Ils avaient l'air de s'attendre au pire car les voilà soulagés de ce que le procureur n'ait requis que de la prison avec sursis et pas d'amende. Et on ne peut qu'entendre Marie quand elle déclare à Radio Bip : “J'ai mon fils qui est en prison, je m'attendais à une peine de prison ferme, je suis contente.” L'injustice, elle connaît, son fils condamné très lourdement à six mois de prison avec mandat dépôt à l'issue de l'audience, n'a pas eu le droit à une aménagement de peine malgré un casier judiciaire vierge, un CDI et une lettre de recommandation de son employeur. Le bracelet électronique ce n'est pas pour les gueux. 
Certes, cette peine est moins lourde qu'attendue – et espérons que le juge suive les réquisition du procureur et se montre pas plus sévère comme ce fut le cas pour le fils de Marie – mais il s'agit tout de même d'une peine. Cela confirme la tendance, qui a cours depuis plusieurs années, à criminaliser les mouvement sociaux. A l'exception notable de la LDH, ce massacre se produit dans un silence assourdissant quand ce n'est pas sous les hourras de la foule haineuse des nantis. Il semble que les politiques – mis à part le PC et la FI – soient trop occupés à réinventer la social-démocratie dans les salons. Quant aux intellectuels, ils sont trop pris par la contemplation de leurs audaces passées pour autoriser le populo à en avoir de plus folles.
On retiendra que lorsque les coups tombèrent, ils n'étaient pas là, il faudra s'en rappeler car désormais, il nous appartient de construire un monde loin de la tutelle de ces inutiles.

lundi 22 avril 2019

Le journaliste Gaspard Glanz interdit de paraître à Paris les samedi jusqu'à son procès pour outrage le 18 octobre

Arrêté par la police le samedi 20 avril place de la République, lors de l’acte 23 des Gilets jaunes, le journaliste indépendant Gaspard Glanz, fondateur de Taranis News, à l’origine de la divulgation des brutalités d’Alexandre Benalla, a été mis en garde à vue pendant 48 heures pour « participation à un groupement en vue de commettre des violences ou des dégradations » et « outrage sur personnes dépositaires de l’autorité publique » Objet du délit : il a adressé un doigt d’honneur en direction des CRS.
Gaspard Glanz sera jugé le 18 octobre pour outrage. Il lui est interdit de paraître à Paris tous les samedis et le 1er mai jusqu’à la date de l’audience.
Libération, Gaspard Glanz, un journaliste qui dérange la police.
L’Humanité, Gaspard Glanz, le journaliste à tuer direct.
Reporterre, Le journaliste Gaspard Glanz libéré mais empêché de travailler à Paris.

samedi 9 février 2019

Amnistie pour Cesare Battisti. Pétition adressée à l’ambassade d’Italie et au ministère français de la Justice

Pour signer cette pétition initiée par l’écrivain Gérard Streiff et adressée à l’ambassade d’Italie et au ministère français de la Justice, cliquer ici.

L’écrivain Cesare Battisti vient d’être livré à l’Italie après plus de trente années de cavale à travers le monde. Incarcéré dans une prison de Sardaigne, il risque d’y terminer sa vie en application d’une condamnation à perpétuité prononcée en son absence. 
Les faits qui lui sont reprochés s’inscrivent dans une période noire de l’histoire italienne désignée par l’expression « années de plomb ». Aujourd’hui le gouvernement italien exige que de nombreux autres réfugiés italiens, dont certains vivent en France, lui soient livrés. Quarante ans après les faits douloureux qui ont endeuillé l’Italie, cette vengeance sans fin pose question. 
Dix ans seulement après les affrontements meurtriers de la Commune de Paris qui firent des dizaines de milliers de victimes, Victor Hugo déclarait : « L’oubli seul pardonne. Il faut fermer toute la plaie. Il fait éteindre toute la haine ». L’amnistie pour les Communards de 1871 interviendra en 1880. Une nation s’élève en substituant la Justice à la vengeance. 
Amnistie pour Battisti et pour tous les faits en relation avec les années de plomb.

jeudi 31 janvier 2019

43 blessés signent le "manifeste contre les armes de police"

Le site désarmons.net rend public le Manifeste contre les armes de police, qui circule depuis plusieurs semaines et regroupe 43 blessés, ainsi qu’un certain nombre de collectifs de soutien et d’avocats luttant depuis plusieurs années contre les violences policières auprès des personnes gravement blessées par des armes de police, et menant un combat long et difficile pour faire disparaître les armes de police qui mutilent dans les quartiers populaires et les manifestations depuis leur mise en service : grenades à effet de souffle GLI F4, grenades de désencerclement DMP, pistolets Flash-balls et fusils Lanceurs de Balles de Défense LBD40 et Penn Arms.

NOUS, BLESSÉ-ES PAR DES GRENADES ET DES LANCEURS DE BALLES DE DÉFENSE

NOUS, personnes blessées et mutilées par le Lanceur de Balles de Défense de 40 millimètres,
Nous, personnes blessées et mutilées par des grenades GLI F4 et de désencerclement (DMP),
Nous, personnes proches et soutiens de personnes blessées et mutilées par des armes de police,
Nous, avocat(e)s portant les plaintes et requêtes de personnes gravement blessées par des armes de police devant les juridictions pénales, civiles et administratives,

DÉNONÇONS

  • la violence extrême exercée par les forces de l’ordre à notre encontre et à l’encontre de l’ensemble des manifestant-es au cours des mois de novembre et décembre 2018, ainsi que lors de mouvements sociaux antérieurs et dans nombre d’opérations policières au quotidien, et particulièrement dans les quartiers populaires,
  • l’utilisation systématique qui a été faite de grenades explosives (GLI F4 et DMP) et du LBD 40 lors des actions et manifestations de « gilets jaunes », ainsi que des manifestations lycéennes, blessant grièvement des manifestants au visage, dans le but d’intimider la population, de la dissuader par la peur d’exercer son droit de manifester,
  • le déni des représentants politiques par rapport à la réalité de la violence que nous avons subie et les messages de soutien exprimés systématiquement à l’attention des forces de l’ordre, quand bien même de nombreuses personnes ont été grièvement blessées,

AFFIRMONS

  • que les principes de nécessité, de proportionnalité de l’usage des armes et de riposte graduée ne sont pas respectés,
  • que l’identification des policiers, et donc des porteurs d’armes, est rendue impossible par des pratiques systématiques de camouflage et de dissimulation (absence de matricule, tenues civiles, port de cagoules et de casques de moto ou de skateboard, absence d’écussons et de brassards…),
  • que les moyens de force intermédiaire (armes dites « à létalité réduite ») introduites par la Loi de Sécurité Intérieure de 2003 (Flash-ball, grenades de désencerclement, lanceurs de balles de défense), ainsi que les grenades à effet de souffle (GLI F4) sont classés par la réglementation comme armes de guerre et présentent une dangerosité certaine,
  • que ces armes sont utilisées hors des cadres réglementaires (leurs porteurs ne sont bien souvent pas à l’arrêt au moment du tir, ne visent pas uniquement les membres inférieurs, supérieurs ou le torse mais atteignent des manifestants en pleine tête), que leur formation ou leur habilitation n’est pas rapportée et qu’ils utilisent ces armes hors de tout cadre de légitime défense ou d’état de nécessité,

EXIGEONS

  • l’interdiction immédiate et définitive des pistolets dits Flash-ball et lanceurs de balles de gomme de 44 mm, des Lanceurs de balles de défense de 40 mm et des grenades de désencerclement DBD / DMP 95, ainsi que les grenades GLI-F4, par la force publique, que ce soit en manifestation ou lors d’opérations de police judiciaire,
  • la publication de l’inventaire complet des stocks de ces armes en dotation chez les forces de l’ordre françaises
  • la publication des expertises balistiques de ces armes et de l’ensemble des rapports produits sur les armes en dotation chez les forces de l’ordre françaises par le Centre de Recherche, d’Expertise et d’Appui Logistique (CREAL) et par le Bureau de l’Armement, des Munitions et des moyens de Protection (BAMP),
  • la publication de toutes les instructions relatives à l’utilisation de l’ensemble des lanceurs de Flash-Ball 44 mm, de LBD 40 et de leurs munitions, des grenades DBD / DMP 95 dites de “désencerclement” et de la grenade GLI F4,
  • la garantie d’une impartialité totale de la part des agents de l’IGPN lorsqu’il s’agit d’enquêter sur les conditions des blessures et à l’occasion des auditions de victimes.
  • l’évaluation et la prise en compte systématique du préjudice psychologique (ITT psychologiques) par les Unité Médico-Judiciaires (UMJ),
  • la compensation automatique par l’État à hauteur de 100 % des frais médicaux engagés par les blessés jusqu’à la stabilisation du préjudice,

dimanche 20 janvier 2019

Comme un bruit qui court, France Inter : retour sur 5 ans de maintien de l’ordre à la française

Alors que certains syndicats policiers réfutent encore le concept même de violences policières, l’obstination de tous ceux qui comme David Dufresne recensent les cas filmés d’abus a réussi à imposer cette semaine le débat sur l’usage de la force et les méthodes déployées vis-à-vis des Gilets Jaunes…
Analyse dans l’émission Comme un bruit qui court, avec Giv Anquetil, Antoine Chao et Charlotte Perry.

samedi 19 janvier 2019

Mutilés par des grenades ou des tirs de LBD, ils racontent comment leur vie a basculé

À lire sur le Parisien.

Céline Roy, "gilet jaune" à Vesoul, poursuivie pour outrage

Céline Roy, ex-“leader” des Gilets jaunes (mouvement qu’elle a quitté depuis), mise en garde de vue le 15 janvier, est convoquée le 29 janvier devant le tribunal de Vesoul. Elle avait déjà été condamnée à deux mois de prison avec sursis et 800 € d’amende pour avoir participé à des blocages de train.
Le chef d’accusation ? Outrage à personne dépositaire de l’ordre public (en l’occurence, le préfet de Haute-Saône).
Le délit ? Avoir déclaré dans une vidéo publiée sur sa page Facebook (depuis dépliée), lors d’une opération de démantèlement d’un rond-point : Que tous mes amis qui sont potes avec le Préfet et qui sont sur mon Facebook lui dise d'aller se faire enculer !”
On rappellera que sont potentiellement constitutifs du délit d’outrage des paroles ou des gestes non publics (ce qui n’est pas le cas des propos reprochés à Céline Roy, diffusés dans une vidéo).

mercredi 16 janvier 2019

Affaire Cesare Battisti, mensonges à l’italienne : ce que les médias ne disent pas

Cesare Battisti vient d’être arrêté en Bolivie et aussitôt extradé en Italie (le terme exact serait plutôt “enlevé”, cette exfiltration, arrangement entre deux États fascistes, le Brésil de Bolsonaro et l’Italie de Salvini, avec la complicité du président bolivien Morales, ne respectant ni les règles du droit bolivien, ni celles du droit brésilien). Il vient d’être incarcéré dans une prison de haute sécurité en Sardaigne, normalement réservée aux “musulmans radicalisés”, où il sera à l’isolement complet pendant six mois.
À lire sur le sujet :
* Un article de L’Autre Quotidien paru en 2014, qui remet les pendules à l’heure dans cette affaire où la vie d’un homme qui a toujours clamé son innocence est jetée aux chiens du fascisme, sous l’œil méprisant, parfois délecté, de certains médias et journalistes, tel le sieur Eric Naulleau.
Cesare Battisti, les coulisses obscures, de Carlos A. Lungarzo (éditions Viviane Hamy).
Ce que les médias ne disent pas, article de Lundi.matin reprenant un texte écrit en juin 2004 par le collectif d’écrivains italiens Wu Ming, au moment où la polémique sur l’extradition de Battisti par la France battait son plein.
* Cesare Battisti, les enjeux d’une extradition, par José Bové, député européen.