lundi 27 juin 2016

Contre la mise en cage du droit de manifester

Parce que la manifestation contre la loi-travail du 23 juin se passait dans un État policier, un collectif de personnalités appelle à manifester le 28 juin et à se tenir en dehors ou à proximité de la "cage" prévue par la préfecture.

Appel à lire sur Libération.

vendredi 27 mai 2016

Alexandre de Bosschère, le procureur d'Amiens qui requiert 5 ans de prison ferme contre Manon, étudiante, pour avoir jeté un micro contre un CRS. Procès le 10 juin.


Manon, étudiante en licence de Science politique à l’Université de Picardie, a participé le jeudi 28 avril à l’occupation de l’Hôtel de Ville d’Amiens, dans le cadre du mouvement social contre la loi Travail, occupation. L’occupation s’est déroulée pacifiquement jusqu’à l’arrivée musclée des forces de l’ordre qui ont procédé à l’évacuation des manifestants de façon brutale. Alors qu’un manifestant se faisait matraquer, Manon a voulu le défendre et a lancé un micro en direction des forces de l’ordre, sans occasionner la moindre blessure.
Convoquée le 12 mai au commissariat, gardée à vue pendant toute une après-midi et une nuit entière, Marion a été déférée devant le Procureur de la République, qui requiert 5 ans de prison ferme. Placée sous contrôle judiciaire, après une perquisition menée à son domicile, l’étudiante est accusée de violence à l’encontre d’une personne dépositaire de l’autorité publique et de dégradation de bien public. Choquée, elle attend son jugement prévu le 10 juin.
On lira avec intérêt le papier de Pascal Maillard sur Mediapart.

Procureurs de choc : Alexandre de Bosschère, digne successeur de Bernard Favret
Bernard Favret, l’ancien
Un fois qu'on a dit cela, qu'on s'est insurgé, qu'on a signé la pétition, il convient de poser une question, que les médias s'abstiennent généralement de faire, en avançant à pas de loups, car ces gens-là de "justice" sont parfois très chatouilleux, à l'image de Brigitte Lamy, procureure de la République de Nantes, dont toutes les plaintes contre des blogueurs ou des sites, dans le cadre des violences policières à Nantes ont été classées.

Alexandre de Bosschère, le nouveau
Mais qui est ce procureur ? Qui est cet homme qui propose d'envoyer en prison pour 5 ans une jeune fille qui a jeté un micro sur un flic, qui n'a même pas été blessé ? On se souvient de Bernard Farret, procureur de la Somme, ardent diffuseur des patrons et des puissants, qui s'était illustré dans l’affaire Good Year en prononçant des peines d’emprisonnement contre des syndicalistes. Mais il ne s'agit pas de lui, puisqu'il vient de quitter ses fonctions, remplacé par Alexandre de Bosschère.
Et alors ? Alors, rien : l'homme qui vient de requérir 5 ans d'emprisonnement contre Marion pour avoir jeté un micro à la tête d'un CRS s'appelle Alexandre Bosschère. Retenez bien ce nom : il y a fort à parier qu'à l'aune du détestable climat ambiant (état d'urgence, arrestations préventives, interdictions de manifester, arrestations arbitraires, assignations à résidence, perquisitions arbitraires, violences policières institutionnalisées), on entend assez rapidement parler de ce monsieur, précédemment en poste à Rennes, dans les gazettes…

Manon, ainsi que Jules, qui comparaissait pour des raisons similaires, ont été condamnés à 90 jours de TIG (travail d'intérêt général). Ils ne feront pas appel.

mercredi 18 mai 2016

Manifestation "Stop à la haine anti-flic" : la place de la République en état de siège

La place de la République, où avait lieu la manifestation "Stop à la haine anti-flic", à l'initiative du syndicat Alliance, était ce matin en état de siège. Impossible d'y accéder. Sans doute pour éviter aux Parisiens de lire les noms des 124 personnes tuées par la police ces dernières années, dont la quasi-totalité est originaire des quartiers défavorisés et, le plus souvent, d'origine immigrée (Arabes, Noirs, etc.)

Classement sans suite de la plainte de de Brigitte Lamy, la magistrate qui estime que la police a le droit de crever les yeux les manifestants,

© La lettre à Lulu
Quatre jeunes mutilés pour raison d’État
La plainte de Brigitte Lamy contre Jean-Jacques Reboux, à qui un OPJ nantais affirmera lors de son audition, qu’il est impossible, pour un policier, de viser un manifestant, a été classée sans suite. À noter que le parquet de Saint-Nazaire, qui doit être très occupé en ces temps troublés d’état d’urgence et de manifestations à répétition contre la loi-Travail, ne s’est pas donné la peine d’informer la personne poursuivie, qui a été informé par un journaliste nantais.
Comme le rappelle le sieur Reboux sur son blog, il est donc désormais possible d’affirmer que Brigitte Lamy, procureure de la République de Nantes (promue depuis procureure générale près de la Cour d’appel d’Angers), estime que la police a le droit de crever les yeux des manifestants.
À ce propos, Pierre Douillard-Lefèvre, qui eut un œil crevé par un tir de LBD (lanceur de balles de défense) en 2007, lorsqu’il était lycéen – tout comme Quentin Torselli et quelques autres lors de la manifestation anti-ND-des-Landes de février 2014 –, vient de publier un essai passionnant, dont il est fait état ci-dessous.

Le (magnifique) portrait en pied de Brigitte Lamy écrasant de son séant un Code pénal ensanglanté a paru dans le magazine satirique nantais La lettre à Lulu.

L’Arme à l’œil. Violences d’État et militarisation de la police, un essai Pierre Douillard-Lefèvre (Le Bord de l’eau)

Pierre Douillard-Lefèvre a été mutilé par un tir de lanceur de balle de défense (LBD) en 2007 quand il était lycéen. Aujourd’hui étudiant en sciences sociales, il vient de publier un essai édifiant sur l’armement répressif du maintien de l’ordre : L’Arme à l’œilaux éditions Le Bord de l’eau.

Comme le rappelle cet article, le gouvernement se sert de l’état d’urgence pour empêcher la contestation de la loi-Travail. C’est dans ce cadre Pierre a été "interdit de séjour" le 17 mai à Nantes.

Nicolas de la Casinière l’a interviewé pour Reporterre.

samedi 7 mai 2016

Violences policières. "Tout est mis en place pour que ça dégénère", entretien avec un flic "lucide"

"Tout est mis en place pour que ça dégénère", note Alexandre Langlois, secrétaire général de la CGT police, à propos des manifestations contre la loi El Khomeri et de Nuit Debout, et l’ultra-violence de la répression policière. À lire dans L’Humanité.
C’est aussi la conclusion à laquelle parvient Fabien Jobard, chercheur au CNRS, dont on a déjà pu lire les analyses sur le site du CODEDO, dans un entretien au JDD.

jeudi 5 mai 2016

Siné est mort ce matin, Claude Askolovitch, Philippe Val et Jean Sarkozy sont toujours vivants


Siné fut avec Cavanna, Luz, Charb, Tignous et Loup (disparu lui aussi en 2015), l’un des premiers signataires de notre pétition demandant en 2008 la dépénalisation du délit d’outrage. Plus tard, Siné Hebdo consacra une magnifique double page à notre combat.
Ce vieux renard de Bob est mort ce jeudi matin à 8 heures. Les outrageurs ont du chagrin.
Pour celles et ceux à qui échapperaient le sens du titre : "Siné est mort ce matin, Claude Askolovitch, Philippe Val et Jean Sarkozy sont toujours vivants." Lire ICI.

mercredi 4 mai 2016

Violences policières. Bernard Cazeneuve, Michel Cadot : les fantômes de Jules Moch et de Maurice Papon


Deux mois après la publication du rapport alarmant de l’ACAT sur les violences policières en France, celles-ci n'ont cessé de se développer, avec une sauvagerie et une barbarie de plus en plus effrayantes. Parmi les nombreux articles parus sur les innombrables violences policières rythmant les manifestations contre la loi travail et les "Nuit debout", à Paris comme en province, mais aussi la manifestation parisienne du 1er mai, voici un papier paru dans Rue89, qui résume assez bien la situation.

Michel Cadot, préfet de police de Paris
On lira aussi ce billet éloquent (Quelque chose de pourri au royaume de France), sur le blog de Julien Salingue.
Suite à la manifestation de Rennes, où un manifestant a eu un œil crevé par un tir de flash-ball, Olivier Besancenot demande l'interdiction du flash-ball. À noter que dès juillet 2007, le défenseur des lois, Jacques Toubon, qui n'est pas suspect d'être un gauchiste, en avait demandé l'interdiction. Ce qui ne semble nullement émouvoir le pouvoir "socialiste" aux abois d'une France qui ressemble de moins en moins à un État de droit. 
Jules Moch
Il est permis d'affirmer que le préfet de police de Paris, Michel Cadot, semble plus proche d’un Maurice Papon (préfet de police de Paris lors des massacres d’Algériens d’octobre 1961) que d'un Maurice Grimaud (préfet en mai 1968), qui déclarait dans une "lettre aux policiers" restée fameuse : "Frapper un manifestant tombé à terre, c'est se frapper soi-même en apparaissant sous un jour qui atteint toute la fonction policière. Il est encore plus grave de frapper des manifestants après arrestation et lorsqu'ils sont conduits dans des locaux de police pour y être interrogés."
Ce qui ne semble pas être le souci du ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, plus proche du sinistre ministre de l’Intérieur Jules Moch qui faisait tirer sur les mineurs en 1947, quelques années avant l’arrivée dans la vie politique de Guy Mollet, dont François Hollande et son Premier ministre Manuel Valls, chantres de l’État d’urgence et de la déchéance (finalement avortée) de nationalité, suite aux attaques terroristes du 13 novembre 2015, se montrent les indignes héritiers.

mardi 29 mars 2016

Pétition pour la libération de Florence Hartmann, condamnée en 2009 pour "outrage à la cour" et mise en détention à La Haye le 24 mars

Florence Hartmann lors de son arrestation
La revue Esprit lance une pétition demandant la libération de Florence Hartmann, ex-porte-parole du Tribunal international pour l'ex-Yougoslavie. Condamnée en 2009 à 7.000 € d'amende pour outrage à la cour"pour avoir divulgué dans son livre Paix et châtiment, publié en 2007, le contenu de deux décisions confidentielles, montrant que le tribunal avait abusivement conservé sous le sceau du secret des documents remis par Belgrade, utilisés dans le procès de Slobodan Milosevic", Florence Hartmann a été arrêtée le jeudi 24 mars, alors qu'elle était venue assister au verdict du procès de l'ancien président des Serbes de Bosnie Radovan Karadzic, condamné à 40 ans de prison pour crimes contre l'Humanité et crimes de guerres.
Lire l'article de la revue Esprit. La pétition est ICI.
Éclairage sur cette affaire scandaleuse sur FranceTVinfo.

lundi 14 mars 2016

Mauvais traitements, impunité : le rapport noir et inquiétant de l'ACAT sur les violences policières en France


Comme le signale Le Mondeau moment où l’État dote les brigades anticriminalité de la police d’armes de guerre, et alors que le Parlement discute d’un assouplissement des règles d’ouverture du feu par les forces de l’ordre, l’ACAT (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture) publie lundi 14 mars un rapport cinglant sur les violences policières, que l’on peut consulter ICI.
Ce rapport met notamment l’accent sur l’utilisation systématique et abusive des délits d’outrage et rébellion par des policiers coupables de violences, ainsi que le note le Bondy Blog.

La pétition de l’ACAT
Après avoir enquêté sur 89 cas d’usage de la force par des policiers et gendarmes ayant entraîné des blessures graves ou des décès depuis 2005, l’ACAT lance une pétition demandant au ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve de publier régulièrement les chiffres sur :
  • L’utilisation des armes par les forces de l’ordre, et les circonstances dans lesquelles elles sont utilisées
  • Le nombre de personnes blessées ou tuées chaque année au cours d’interventions des forces de l’ordre
  • Le nombre de  plaintes déposées pour violences policières
  • Le nombre et le type de  sanctions disciplinaires ou de condamnations judiciaires  prononcées pour des faits de violences policières.

mercredi 2 mars 2016

Agora Vox pose la question de la suppression du délit d’outrage


La (pertinente) question de la suppression du délit d’outrage, plus que jamais en cours à des fins politiques depuis que Sarkozy n’est plus au pouvoir, est posée par Eleusis Bastiat dans cette tribune publiée sur AgoraVOX.

Les BAC (brigade anticriminalité) parisiennes dotées de fusils d'assaut HK G36… tirant de travers !


Pour parer d’éventuelles attaques terroristes, les BAC (brigades anticriminalité) parisiennes vont recevoir un équipement renforcé, vient de déclarer le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve. Parmi cet attirail, 204 fusils d'assaut HK G36, 116 pistolets à impulsion électrique (Taser), 134 lanceurs de balles de défense, 981 bâtons télescopiques de défense, 25.200 munitions de défense courte portée. D’après le journal Le Point, les fusils d’assaut HK G36, de fabrication allemande, faisant partie de cette nouvelle dotation, tireraient de travers !
Question : la première victime de ces nouvelles armes sera-t-elle : a) un terroriste – b) un jeune de banlieue un peu basané victime d'un policier raciste – c) un passant ?

Le militant CGT Joël Moreau condamné à 250 € d'amende pour outrage, pour avoir crié "Valls, je t'emmerde !"

Joël Moreau, le militant CGT interpellé à Mulhouse le 24 février, lors d’une manifestation contre la venue des ministres Valls, Macron et El Khomri [lire ci-dessous], comparaissait le 26 février devant le tribunal, après avoir passé 19 heures en garde à vue. Il ne s'agissait pas d'un procès mais d’une "composition pénale" (reconnaissance préalable de culpabilité). Il a été condamné à 750 € d'amende, dont 500 € avec sursis, pour outrage pour avoir crié "Valls, je t'emmerde !" et repris le slogan de Mai 68 "CRS, SS !"

mercredi 24 février 2016

Joël Moreau, militant CGT poursuivi pour outrage pour avoir manifesté contre la loi El Khomri à Mulhouse

Joël Moreau, militant CGT, ancien ouvrier chez PSA, 69 ans, a été interpellé lundi à Mulhouse (Haut-Rhin) lors d'une manifestation organisée en marge d'un déplacement de Manuel Valls, Emmanuel Macron et Myriam El Khomri, venus défendre le projet de réforme du Code du travail. Interpellé alors qu'il participait à une manifestation organisée devant une agence de Pôle emploi à laquelle avaient pris part une centaine de personnes, le militant a passé la nuit en garde à vue et a été libéré mardi matin. Il est poursuivi pour « outrage à personnes dépositaires de l'autorité publique », en l'occurrence des gendarmes mobiles, des CRS et le Premier ministre.
   Le rassemblement était encadré par un déploiement policier de très grande envergure, empêchant les participants de s'approcher de l'agence de Pôle emploi, parqués pendant deux heures sur un parking à plusieurs centaines de mètres du lieu prévu de la manifestation. Joël Moreau aurait « haussé la voix, dénoncé le projet de loi, les attaques contre les acquis sociaux ».  Il comparaîtra vendredi devant un juge du tribunal de Mulhouse dans le cadre d'une audience simple de plaider-coupable, c'est-à-dire sur reconnaissance préalable de culpabilité.
   Ces poursuites prouvent, plus que jamais, que l’outrage, sous la "gauche" comme sous Sarkozy, est un délit politique.
    Sur France Bleu, Joël Moreau crie son indignation : "Manifester pour les générations futures c'est un droit, et je n'aime pas être humilié au nom de la communication. Ce que voulait Valls, c'était que ça soit propre, qu'il n'y ait pas de manifestants. A l'époque, ils dénonçaient ce que Sarkozy faisait, aujourd'hui ce sont eux qui le font".
D'après AFP.
Jugé en comparution immédiate, Joël Moreau a été condamné à 750 € d'amende, dont 500 € avec sursis, pour avoir crié : "Valls, je t'emmerde! "

mardi 23 février 2016

"Personne ne peut imaginer que nous étions autour de Sarkozy une bande de voyous." (Claude Guéant)

Condamné pour "complicité de détournement de fonds et recel" dans l’affaire des primes en liquide, à deux ans de prison avec sursis, 75.000 € d’amende et interdit de tout exercice de la fonction publique pendant cinq ans, déjà mis en examen pour "faux, usage et blanchiment de fraude fiscale en bande organisée" dans l’affaire des soupçons de financement libyen dans la campagne de Sarkozy, le délinquant multirécidiviste Claude Guéant, dont on se souvient qu’il fut le ministre de la Police de Sarkozy, vient d’être mis en examen pour "complicité de favoritisme,  dans l’affaire des sondages de l’Élysée.
Il venait de déclarer la veille du verdict (et sans s'étrangler de rire, semble--t-il) à BFM.TV : "Personne ne peut imaginer que nous étions autour de Sarkozy une bande de voyous." Il faudrait effectivement être complètement fou pour penser une telle chose.

Répression du 22 février 2014, le témoignage de la mère de Quentin Torselli sur "Citizen Nantes"

Sur Citizen Nantes, le témoignage de Nathalie Torselli, la mère de Quentin, qui eut un œil crevé par un policier lors de la manifestation contre l'aéroport Notre-Dame-des-Landes, le 22 février 2014.
Avec un hommage appuyé à Brigitte Lamy, procureure de la République de Nantes, prochainement mutée à la Cour d’appel d’Angers, qui classa sans suite la plainte des 6 manifestants grièvement blessés par la police ce jour-là, préférant poursuivre en justice un blogueur pour "injures publiques" (instruction toujours en cours par le parquet de Saint-Nazaire).

samedi 20 février 2016

Lèse-majesté : Franck Gavoux, l’entrepreneur qui avait interpellé Manuel Valls à La Rochelle, condamné en appel pour outrage et rébellion

Le 30 août 2014, dans les rues de La Rochelle, le Premier ministre Manuel Valls se faisait interpeller poliment mais fermement par Franck Gavoux, un petit entrepreneur d’Aytré, vice-président de "Sauvons nos entreprises", qui entendait reprocher à Manuel Valls de ne pas avoir organisé la table ronde qu'il lui avait promise un an plus tôt au même endroit. Le Premier ministre avait passé son chemin, mais des policiers avaient interpellé et menotté l'artisan, qui sera poursuivi pour outrage et rébellion, et relaxé par le tribunal, faute de preuves. Le parquet, horrifié par ce crime de lèse-majesté, avait fait appel.
La Cour d'appel de Poitiers [lire dans Sud Ouest] vient de le condamner à 300 euros d'amende, 1 euro symbolique de dommages-intérêts et 800 euros au titre des frais d'avocat. Le collectif Sauvons nos entreprises envisage de se pourvoir en cassation. On ne saurait trop conseiller aux avocats de Franck Gavoux de faire citer comme témoin Henri Guaino, le nouveau contempteur du délit d’outrage, qui vient par ailleurs de manifester son hostilité au projet de loi (et de casse du Code du travail) de la ministre du Travail Myriam El Khomri.

mardi 16 février 2016

Katia Lipovoï, 74 ans, brutalisée par la police de Poitiers pour avoir protesté contre l'abattage de platanes et secoué une barrière

A Poitiers, lundi 15 février, Katia Lipovoï, âgée de 74 ans a été brutalisée par la police, puis directement placée en garde à vue. Membre de la Ligue pour la protection de oiseaux de la Vienne, la militante opposée à l’abattage de 98 platanes fragilisés par différentes tempêtes a été arrêtée pour avoir secoué une barrière. Signe que cet état d’urgence, va bien au-delà même de ce que le gouvernement dicte avec ses mesures ultra sécuritaires et liberticides, les policiers municipaux se sentent pousser des ailes : non contents de réprimer les militants qui s'opposeraient à l'état d'urgence ou à la déchéance de nationalité, ils agressent une vieille femme dont le seul "tort" est de n'avoir pas voulu se soumettre à l'arbitraire de la violence du policier.
Info transmise par Révolution permanente.

dimanche 14 février 2016

Les "petites mains" de la Cinémathèque se révoltent. Serge Toubiana et son successeur Frédéric Bonnaud affichent leur mépris.

Cela n’a rien à voir avec le délit d’outrage, ni avec les violences policières, mais cela entre en résonance  flagrante avec la phrase de Noam Chomsky figurant depuis septembre 2008 sur "l’étendard" du CODEDO : "Le pouvoir ne souhaite pas que les gens comprennent qu’ils peuvent provoquer des changements."
C’est une des raisons pour laquelle le 275e papier publié sur ce site [tenu depuis 8 ans par un outrageur outragé, au statut social très précaire], évoquera le combat que mènent quelques employés de l’une des plus prestigieuses de ces institutions, la Cinémathèque française, pour crier leur révolte et faire entendre leur voix. En l’occurrence, par leur porte-voix, la courageuse, téméraire et très cinéphile Anna Bosc-Molinaro.
Serge Toubiana
Comme un (très) grand nombre d’institutions placées sous la tutelle de l’État, des régions ou des  entités territoriales, la Cinémathèque française emploie des personnels vacataires pour faire tourner la boutique et assurer des tâches les plus élémentaires, à savoir l’accueil des publics. Pratique pour l‘employeur, qui sous-traite avec des sociétés prestataires de services ne s’embarrassant pas de scrupules, qui ne paie pas de charges sociales et dispose d’un personnel "flexible", la méthode conduit à des situations humainement déplorables pour celles et ceux qui en font les frais… À l'extrême précarité de ces employés non salariés, dépendants de contrats avec la société City One, s’ajoute le mépris affiché par les dirigeants de la Cinémathèque – en l’occurrence Serge Toubiana –, après le coup de gueule salutaire d’une ancienne hôtesse d’accueil contre les conditions de travail des "petites gens" de l'institution. Anna Bosc-Molinaro, rejointe par plusieurs dizaines d’ex-employés de la Cinémathèque et soutenue par des cinéphiles et des critiques de cinéma tels que Pascal Le Duff.
Le départ de Serge Toubiana, à la tête de la Cinémathèque pendant treize ans, qui a tout fait pour étouffer cette affaire, notamment lors d’une grève des personnels en mai 2014, pouvait laisser espérer une attitude plus compréhensive de son successeur, Frédéric Bonnaud. qui a pris ses fonctions le 2 février. Il semblerait qu’il n’en soit rien, comme le laisse entrevoir son interview à France Musique, au cours de laquelle Frédéric Bonnaud aura ces mots quelque peu choquants dans la bouche d’un ancien journaliste qu’on a connu défendant de belles et nobles causes, notamment lorsqu’il fut viré de France Inter : "Je pense que hôtesse d’accueil, guichetier et ouvreuse, ça doit rester de petits jobs d’étudiant, au risque de choquer. Moi, je ne me vois pas bien faire un CDI à vie pour que des gens vendent des billets à la cinémathèque." 
Henri Langlois
Les cinéphiles, sans qui la Cinémathèque française, rappelons-le, ne serait qu’une coquille vide, apprécieront ce discours à faire se dresser les cheveux sur la tête-de-suaire des fantômes de Georges Franju et Henri Langlois. Et de Noam Chomsky, dont la phrase citée en exergue prend là toute sa saveur : "Le pouvoir ne souhaite pas que les gens comprennent qu’ils peuvent provoquer des changements."
Jean-Jacques Reboux

On peut écrire à Anna Bosc-Molinaro sur sa page Facebook et lire les témoignages qu’elle a recueillis (24 à ce jour) sur la page Lettres ouvertes à la Cinémathèque.
Dans les médias : le témoignage de Gaëlle, dans l’Obs ; "Un remake du mépris ébranle la Cinémathèque dans Le Monde ; l’article de Libération.

samedi 13 février 2016

Affaire Kraiker (suite) : quand le nouveau commissaire de police de Pantin monte de toutes pièces une nouvelle affaire

Nous avons raconté ici l’histoire de Zarah Kraiker, cette mère de famille de Pantin (Seine-Saint-Denis) tabassée le 26 novembre 2015 par la police après avoir protesté contre l’interpellation brutale de ses deux fils. Cette sordide affaire de violences policières vient de rebondir avec l'arrivée d'un nouveau commissaire de police à Pantin.
Mercredi 10 février 2016, à 6h20, le nouveau commissaire se présente au domicile de la famille Kraiker pour embarquer leurs deux fils et leur chiot (qui sera amené à la SPA), ainsi que les deux jeunes témoins de l'agression précédente, pour, leur dit-on, des faits de dégradation en réunion (!) Ceux-ci ont été à nouveau placés en garde à vue au commissariat de Pantin, dont l'accès était interdit et gardé par de nombreux policiers lourdement armés.
Bilal, l'un des deux fils Kraiker, âgé de 18 ans, sera jugé le 19 mai prochain. Le procureur de la République ayant requis sa mise en détention immédiate, il a finalement été libéré et mis sous contrôle judiciaire.
L’histoire complète de cette affaire de violences policières racistes est à lire sur le Paris s'éveille.info.
La page Facebook du Comité de vigilance contre les violences policières à Pantin.