mercredi 21 mai 2014

Henri Guaino demande la suspension des poursuites pour outrage engagées contre lui par le juge Gentil


Poursuivi en mars 2013 pour outrage à la suite de propos injurieux tenus sur Europe 1 à l’encontre du juge Jean-Michel Gentil dans le cadre de l’affaire Bettencourt (mettant en cause Sarkozy), Henri Guaino avait à l’époque déclaré qu’il assurerait lui-même sa défense, ce qui nous faisait dire ICI : Le colérique Henri Guaino saura-t-il éviter l’outrage à magistrat à la barre?
Un an plus tard, il semblerait que le député UMP, connu pour ses humeurs puériles et son manque de savoir-vivre, n’ait pas encore assimilé le fait que ses amis sarkozystes ne sont plus au pouvoir. C’est en tout cas ce que peut laisser croire sa récente et très courageuse proposition de résolution déposée sur le bureau de l’Assemblée nationale le 16 mai 2014, demandant ni plus ni moins la suspension des poursuites engagées à son encontre.

Les milliers de personnes poursuivies et condamnées en France pour outrage, la plupart du temps pour des raisons discrétionnaires, liées aux intérêts financiers des plaignants lorsqu’il s’agit de procédures en rapport avec des violences policières, apprécieront cette curieuse conception de la Justice, qui fait de Guaino le seul "présumé outrageur" indigne d’être soutenu par le CODEDO. Rappelons qu’une centaine de députés UMP avaient en 2013 soutenu Guaino, au prétexte "que le juge Gentil [avait] déshonoré la justice en mettant Nicolas Sarkozy en examen".

3 commentaires:

Luc Nemeth a dit…

Bonjour.
L'auteur de cet article, douteusement inspiré (car même si Guaino n'est pas ce que l'Hexagone a produit de plus raffiné on ne saurait condamner le délit d'outrage, dans son principe, en fonction de l'identité du prévenu) est mal informé, qui plus est.
Guaino est loin d'être le seul "présumé outrageur" auquel s'en prend l'actuelle majorité, à l'aide de cette procédure dont la seule finalité est d'éviter le débat de fond.
Ainsi en ce qui me concerne, et pour avoir dénoncé par courriel auprès du président du TGI une fraude grossière du juge LE LOIRE, que l'actuelle majorité protège et courtise, je fais l'objet de poursuites pour outrage à magistrat, devant la 10ème Chambre du tribunal correctionnel de Paris.
L'ennui pour l'actuelle majorité est que je ne me suis jamais adressé ni par oral ni par écrit au nommé LE LOIRE, ni pour le blâmer ni pour le féliciter ; et que je n'ai jamais tenu sur son compte, par voie de presse ou sur des sites accessibles, des propos qui pourraient de bonne foi être retenus comme outrageants -même, aux termes de ce délit moyenâgeux dans sa qualification.

Jean-Jacques Reboux a dit…

A Luc Nemeth : je crois que vous n'avez pas bien lu l'article sur Guaino. Il n'est nullement dit que ce dernier serait le seul outrageur poursuivi depuis que la majorité actuelle est au pouvoir? Relisez.

Luc Nemeth a dit…

A Jean-Jacques Reboux : l'article ne brillait pas par sa clarté -sur ce point. En effet il y était question d'une "conception de la Justice, qui fait de Guaino le seul 'présumé outrageur' indigne d’être soutenu par le CODEDO" ; par ailleurs aucune allusion n'était faite à d'autres (éventuelles) poursuites sous ce motif, engagées depuis mai 2012 ; enfin tous les outrageurs que le CODEDO a jugés dignes d'être soutenus par lui avaient été mis en cause, du temps, du régime précédent. Bref : l'internaute un peu pressé pouvait aisément en déduire que Guaino était seul concerné depuis mai 2012. Et c'eût été dommage...